Gaza : sous l’œil complice des grandes puissances

24 Janvier 2024

Le 15 janvier, le Programme alimentaire mondial, l’Unicef et l’Organisation mondiale de la santé ont dénoncé ensemble la famine et les épidémies mortelles qui ont commencé à se propager dans la bande de Gaza, après trois mois et demi d’offensive militaire, sans que cela entraîne de réaction de la part des grandes puissances, parrains et financeurs de l’État d’Israël.

Plus de 25 000 Gazaouis sont morts et plus de 60 000 ont été blessés, souvent gravement, par les bombes ou les balles de l’armée israélienne. 80 % des 2,4 millions d’habitants ont été chassés vers le sud, où se concentrent ces derniers jours l’essentiel des opérations militaires israéliennes. Bombardements, arrestations massives et traitements inhumains se poursuivent dans tout Gaza. Plus aucun hôpital ne fonctionne correctement. Médicaments et aides humanitaires n’entrent qu’au compte-gouttes.

D’après un communiqué publié le 19 janvier par la Maison-Blanche, Biden avait réaffirmé au Premier ministre israélien Netanyahou, lors d’un entretien téléphonique, qu’Israël devait veiller « à ne pas nuire aux civils de Gaza » et qu’il était nécessaire d’aller vers une « solution à deux États », c’est-à-dire vers la reconnaissance d’un État palestinien.

Pourtant, jusqu’ici, ni les États-Unis ni la France ni aucun autre pays impérialiste n’ont cherché à utiliser les moyens dont ils disposent pour faire pression sur l’État israélien. Les États-Unis n’ont jamais mis dans la balance les milliards de dollars d’aide américaine qui sont indispensables tant à l’armée d’Israël qu’à son économie. Aucune grande puissance n’a pris ne serait-ce que des mesures diplomatiques significatives contre Israël, qu’elles continuent à traiter en allié.

Lors de cet entretien téléphonique, Netanyahou a réaffirmé que la guerre allait continuer et qu’il s’opposait à toute souveraineté palestinienne sur Gaza. L’objectif de l’armée israélienne reste officiellement de détruire le Hamas, mais cela apparait irréalisable, même après bientôt quatre mois de guerre. Les combats se poursuivent à Khan Younes, principale ville du sud de Gaza, où 24 soldats israéliens, dont 21 réservistes, ont été tués lundi 22 janvier.

L’attitude intransigeante de Netanyahou rencontre une opposition au sein de la population israélienne. Ainsi, samedi 20 janvier, lors d’une manifestation à Tel-Aviv, plusieurs milliers de personnes ont réclamé le départ du Premier ministre et des négociations avec le Hamas pour libérer les otages.

Le massacre des Gazaouis se poursuit sans autre véritable objectif du côté israélien que de terroriser les Palestiniens et, pour Netanyahou, de se maintenir au pouvoir. Une impasse tragique, créée et entretenue par les grandes puissances impérialistes.

Lucas Pizet