CHU – Toulouse : les travailleurs se font respecter

24 Janvier 2024

À la mi-décembre, selon l’agence régionale de Santé (ARS), près de 18 % des lits de médecine et 26 % des lits de chirurgie étaient fermés en Haute-Garonne, par manque de personnel.

Pendant les fêtes, les Urgences du CHU ont été rapidement saturées, avec un taux d’occupation allant jusqu’à 200 %. Pour que les hospitaliers puissent prendre leurs congés, la direction ferme des lits d’hospitalisation, qui manquent ensuite pour désengorger les Urgences.

Dès lundi 2 janvier, les manipulateurs en radiologie des Urgences adultes de l’hôpital Purpan se sont mis en grève pour exiger des postes supplémentaires. Alors qu’il y a un sous-effectif permanent, un nouveau scanner va arriver, sans le personnel pour le faire fonctionner. En guise de renforts, la direction envoie... des huissiers à domicile pour assigner les grévistes ! Alors, tous les lundis, la grève continue.

Le 15 janvier, les soignants de la salle de réveil de la maternité ont également fait grève pour obtenir la prime de soins critiques à laquelle ils ont droit. Et, le lendemain, leurs collègues de psychiatrie se mobilisaient à leur tour pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail, déjà très difficiles : suppression des postes de nuit fixes, saturation des urgences psychiatriques, recours fréquent à la contention, tout cela dû au manque de lits et de personnel.

Au CHU, de nombreux services sont sous-traités, en particulier le ménage, actuellement effectué par la société Onet. Temps partiels imposés, salaires minables, formations et heures supplémentaires non payées, horaires difficiles, tel est le quotidien de ces travailleuses et travailleurs dont le rôle est indispensable au fonctionnement de l’hôpital. Et, depuis six mois, ceux qui effectuent le bionettoyage du bâtiment Pierre-Paul Riquet (PPR) à Purpan, doivent subir en plus le harcèlement de leur responsable : manque de respect, insultes, menaces de sanction... Le mardi 16 janvier, ils ont démarré une grève surprise. Dès 5 heures du matin, une tente était montée devant PPR, avec le piquet de grève. Dans l’après-midi ils ont obtenu le départ de la responsable, leur principale revendication.

Quels que soient leur métier ou leur employeur, ce sont les travailleurs qui font tourner l’hôpital ; ils ont raison de se faire respecter et ne pas laisser passer les attaques sans réagir.

Correspondant LO