Étudiants : une précarité qui dure

17 Janvier 2024

Une nouvelle étude du syndicat étudiant FAGE, présentée mercredi 10 janvier, confirme l’aggravation des conditions de vie et d’études d’une partie des étudiants. Un sur cinq déclare ne pas manger à sa faim.

Sur les plus de 7 500 étudiants interrogés par le syndicat, 19 % déclarent sauter plus de trois repas par semaine et 49 % ne pas avoir les moyens d’acheter des fruits et des légumes chaque semaine. Les restaurants universitaires et leurs repas à 3,30 euros, voire 1 euro pour les étudiants qui y ont droit, ne suffisent pas à régler le problème, beaucoup n’étant pas ouverts le soir et le week-end. Le coût du logement absorbe une telle partie des ressources des étudiants qu’il ne leur reste pratiquement rien pour le budget alimentation.

Un tiers des étudiants interrogés soulignent qu’ils n’ont pas eu accès à des logements en résidence universitaire, ou pour certains qu’ils ont dû refuser une chambre dans des résidences dont la vétusté confinait à l’insalubrité. La situation varie bien entendu suivant les régions et reste particulièrement tendue en Île-de-France, où le marché locatif est saturé et inabordable, même en colocation.

Cette situation, qui contraint de nombreux jeunes à essayer de concilier travail et études et à s’inscrire aux distributions d’aides alimentaires, n’a pas manqué de soulever son lot de promesses gouvernementales. Avant d’être remerciée par Macron, la Première ministre Borne promettait, en novembre dernier, la construction de 35 000 nouveaux logements d’ici la fin du quinquennat. Le précédent plan annonçait lui 60 000 nouveaux logements étudiants, promis en 2017 pour une échéance en 2022. Il n’a même pas atteint la moitié de l’objectif, avec seulement 9 800 nouveaux logements gérés par le Crous et 25 000 places « mises en service » dont on ne sait pas trop ce qu’elles recouvrent. Autant dire que le manque de logements confortables et abordables risque de durer !

Alors que tous leurs frais augmentent, les étudiants des familles populaires sont de moins en moins nombreux à bénéficier d’une bourse ou voient son montant baisser, du fait des effets de seuil : vingt euros de plus sur les revenus des parents peuvent entraîner une baisse de 90 euros mensuels de la bourse touchée par leur enfant. Mise en place à la rentrée, la réforme des critères d’attribution, rehaussés de 6 %, ne suffit pas à ce que l’ensemble des étudiants de familles populaires touchent une bourse. Quant au montant maximum de 633,40 euros par mois, il n’est perçu que par un tout petit pourcentage de jeunes.

Le gouvernement traite la jeunesse étudiante issue des familles populaires comme il traite ses parents : des promesses mensongères, une fausse compassion et un vrai mépris.

Nadia CANTALE