Côte d’Ivoire : déguerpissements tous azimuts

17 Janvier 2024

Dans le numéro de janvier de leur mensuel Le pouvoir aux travailleurs, nos camarades de l’Union africaine des travailleurs communistes internationalistes (UATCI-UCI) dénoncent la chasse aux pauvres menée à Abidjan à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN).

L’organisation de la CAN a donné à nouveau un prétexte aux autorités du pays pour s’en prendre aux pauvres. Elles ont lancé une campagne de déguerpissement aux abords des trottoirs de la ville d’Abidjan pour cacher aux touristes la misère qu’elles-mêmes ont contribué à générer.

Ainsi, à Abobo Samaké, récemment les petits commerçants ont été chassés manu militari et leurs étals ravagés par des bulldozers. C’est le même triste spectacle qu’on peut voir un peu partout sur les trottoirs des grandes artères de la ville. La nouveauté, c’est que les pelleteuses vont maintenant jusqu’à l’intérieur des quartiers, ce qui ne se faisait pas auparavant.

Certains quartiers de la commune de Yopougon en ont déjà fait les frais : Siporex, Gesco, Espace Ghandi, Temple de la joie, etc., tous ces endroits ont été démolis et les commerçants chassés. Même au Plateau, le premier acte du gouverneur du district d’Abidjan fraîchement nommé a été de casser le marché Djè Konan, un endroit où les petits fonctionnaires et les petites gens travaillant dans ce centre-ville vont se restaurer et se retrouver entre midi et deux.

La liste des endroits démolis est longue. Que vont faire toutes ces petites gens qui ont ainsi perdu leur gagne-pain pour vivre et faire vivre leur famille ? Où iront-elles ? Ça, c’est le dernier des soucis des autorités qui commanditent ce genre d’opération. Le gouvernement est incapable de régler un tant soit peu le problème du chômage qui gangrène la société. Mais quand il s’agit de s’en prendre aux pauvres, alors là, il y va à fond.

Il y a un adage très populaire qui dit : « Nos dirigeants, plutôt que de lutter contre la pauvreté comme ils prétendent, préfèrent lutter contre les pauvres. » Cet adage prend tout son sens avec ce qu’il se passe actuellement.

Mais ce que ces derniers oublient trop souvent, c’est qu’à force de pousser les pauvres à bout de nerfs, ils finiront par récolter une révolte. Et ils ne l’auront pas volée !

Le Pouvoir aux travailleurs