Prix : la baisse se fait attendre

10 Janvier 2024

Pour la énième fois, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, en est sûr : certains prix baisseront. Les prix de l’alimentation continuent cependant d’augmenter, y compris d’après les chiffres officiels.

L’inflation est de 7,1 % en un an et de 20 % en deux ans. Tout en promettant des baisses de prix sur certains produits à partir du 31 janvier, Le Maire a bien dû admettre qu’il n’y aurait pas de retour à la situation antérieure. Michel-Edouard Leclerc, qui prétend vouloir « casser la gueule à l’inflation », se contente en fait d’espérer « ramener l’inflation à quelque chose de raisonnable ».

La mise en scène qui accompagne les négociations entre les capitalistes de la distribution et ceux de l’agroalimentaire fait désormais partie du paysage. Ainsi Carrefour a annoncé qu’il allait retirer des rayons les marques de Pepsico, pour cause de hausses de prix trop importantes.

La seule chose qu’aucun des protagonistes de ces négociations n’envisage, c’est de réduire ses marges : qu’est-ce qui empêcherait, par exemple, les grandes chaînes de baisser immédiatement les prix des marques distributeurs ? Isabel Schnabel, une des directrices de la BCE, a d’ailleurs elle-même admis qu’un des facteurs qui jouent le plus en faveur du maintien de l’inflation est la réticence des entreprises à répercuter les baisses de prix des matières premières. En novembre, l’association UFC – Que choisir dénonçait ainsi la hausse des bénéfices de la grande distribution sur les produits alimentaires de première nécessité, sans oublier que la marge brute de l’industrie agroalimentaire était passée de 28 à 48 % entre la fin 2021 et le 2e trimestre de 2023.

Plus clairement que jamais, la question des prix des produits de base se révèle liée à l’avidité de capitalistes qui défendent leurs profits bec et ongles.

Sacha Kami