Dans la région d’Arques

10 Janvier 2024

Les inondations ont touché une partie du Pas-de-Calais à deux reprises en novembre et une troisième fois début janvier. Les médias parlent de plus de 2 000 sinistrés mais, en réalité, bien plus de foyers ont été touchés.

Bien sûr il est tombé beaucoup d’eau, mais bien des habitants sont en colère parce que tous ont pu constater que rien n’a été fait depuis la crue de novembre. Ainsi, les pompes, venues tardivement en novembre, étaient reparties. Et début janvier il a fallu attendre qu’elles reviennent, pendant que l’eau montait et que la population était livrée à elle-même pour y faire face. Des habitants ont dû creuser un fossé autour de leur jardin, d’autres ont utilisé des pompes qu’ils ont achetées afin d’empêcher l’eau de pénétrer dans la maison. Et, heureusement, partout la solidarité a joué, avec les moyens du bord pour retenir l’eau et l’évacuer.

Cyniquement, au 31 décembre 2023, des assureurs ont résilié des contrats concernant des maisons qui avaient été touchées par les inondations de novembre. Malgré les promesses de Le Maire, tous les sinistrés s’interrogent pour savoir comment ils vont être remboursés de ce qu’ils ont perdu. Cette question est d’autant plus vive pour ceux de novembre qui venaient de remettre en état leur logement et de racheter leurs équipements électroménagers. Le 7 janvier, beaucoup ne pouvaient pas encore rentrer chez eux et devaient se débrouiller pour se reloger. Certains n’ont trouvé comme solution que le camping et, en plein hiver, il n’y a pas d’eau.

À l’usine d’Arc, ­principal employeur de la région, les mêmes causes ont eu les mêmes effets : les parties inondées des locaux ont été fermées, avec télétravail pour les employés des bureaux et chômage partiel, c’est-à-dire salaire partiel, alors que les frais des inondations s’ajoutent à ceux du quotidien. Les travailleurs qui étaient contraints de rester chez eux ont dû se payer eux-mêmes leur salaire, en prenant sur des jours de RTT, de congé ou des jours de chômage partiel.

Concernant les causes de ces inondations à répétition, le directeur de la société géologique du Nord évoque « l’artificialisation des sols…une politique irresponsable avec des zones industrielles, des parkings construits dans les fonds plats de la vallée ». Quant aux travaux nécessaires pour limiter ces inondations, il indique la nécessité de « replanter des haies qui ont été arrachées et qui ralentissent les ruissellements, […] favoriser les cultures capables de stocker de l’eau, et il faut curer les canaux et fossés pour permettre à l’eau de s’évacuer vers la mer ». Mais les géologues et géographes ainsi consultés sont très peu écoutés. Tous ces moyens nécessaires ont un coût, que les pouvoirs publics n’envisagent pas de financer. Pour vider les rues d’Arques envahies par l’eau, il a fallu l’intervention d’une équipe de pompiers venus de Slovaquie. Bien des habitants sont en colère contre le manque de pompes, d’infrastructures, de moyens. « Les moyens, l’État les met pour l’armement », constatait l’une d’entre eux.

Le nouveau Premier ministre a annoncé sa venue, mais les habitants de la région ne se font aucune illusion : les responsables politiques ne sortent leur carnet de chèques que quand ils viennent aider le patronat.

Correspondant LO