Anatomie d’un dépeçage

06 Décembre 2023

Au vu des offres de reprise qui se succèdent, ce qui se prépare est tout simplement le démantèlement du groupe Rallye-Casino et la menace de milliers de licenciements.

Le groupe a une dette de plus de six milliards d’euros, à laquelle s’ajoutent trois autres milliards rattachés à une brochette de holdings financières qui, depuis plusieurs dizaines d’années, pompent l’argent des enseignes pour payer toujours plus d’intérêts aux banques créancières et verser les dividendes qui ont permis entre autres au PDG propriétaire de Casino, Jean-Charles Naouri, de bâtir sa fortune.

Aujourd’hui, celui-ci lâche l’affaire et c’est le milliardaire Daniel Kretinsky, déjà actionnaire pour 10 % du capital de Casino, qui va lui succéder. Il prendra officiellement possession de Casino le 24 mars, avec une condition : le vendeur Naouri doit débarrasser le groupe Rallye des hypers et supermarchés Casino pas assez rentables selon ses critères.

Déjà, en 2020, près de 600 magasins Leader Price ont été vendus et sont passés sous enseigne Aldi. Plusieurs hypers Géant Casino ont été vendus à Leclerc. Cette année, Intermarché a signé la reprise en trois vagues de 195 Casino, 119 ayant déjà changé d’enseigne.

Aujourd’hui, 52 hypers, 353 supermarchés et 12 entrepôts sont mis en vente. Intermarché et Auchan se sont associés et ont fait une offre commune pour reprendre 134 magasins et 8 entrepôts sur 12. Lidl lorgne les supermarchés et Leclerc certains hypermarchés. Le choix des repreneurs et les conditions du partage des magasins devraient être annoncés le 20 décembre.

D’ores et déjà, cela signifie que des dizaines de magasins risquent la fermeture. La menace pèse également sur le siège social de Casino, à Saint-Etienne, qui emploie près de 2 000 salariés. Au total, des milliers de travailleurs sont menacés de licenciement pour continuer à engraisser les capitalistes. Mais le sort des travailleurs de Casino ne doit pas se jouer à la roulette patronale.

Philippe Logier