À Dunkerque, de l’argent pour les patrons, la police pour les opposants16/05/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/05/2859.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

À Dunkerque, de l’argent pour les patrons, la police pour les opposants

Vendredi 12 mai, Macron a passé moins d’une demi-journée à Dunkerque. Mais, ce fut un résumé de sa politique .

Tout d’abord, à l’usine Aluminium Dunkerque, l’horaire des équipes avait été changé de façon à fermer l’usine de 13 h 30 à la fin de la visite de Macron. L’auditoire qui l’écoutait et lui posait des questions était essentiellement composé de cadres triés sur le volet en bleus de travail bien neufs, renforcés par d’autres venant d’ArcelorMittal, d’EDF, de Dillinger, de Coca-Cola, de Renault, d’Astrazeneca. Bien entendu, il y eut l’annonce de l’arrivée de deux entreprises de fabrication de batteries et de leurs composants : ProLogium, un groupe taïwanais qui promet 5,2 milliards d’investissement et 3 000 emplois ; XTC, une entreprise chinoise associée à Orano, 1,5 milliard et 1 700 emplois.

Combien l’État et les collectivités locales vont-ils payer pour ces créations ? Macron n’a pas donné de chiffres. Mais ce qu’il a dit en donne une idée. Pour la décarbonation d’industries existantes, l’État subventionnera en versant les milliards nécessaires « quasiment à moitié, parfois un peu plus », une mesure demandée par ArcelorMittal depuis des mois. Pour l’apprentissage, on a su que « c’est quasiment les aides qu’on fait qui couvrent les coûts ». Sans compter tous les investissements publics dans le port, les infrastructures et aussi les EPR qui devraient produire l’électricité indispensable.

Sous ses prétentions d’être soucieux de l’emploi et d’apporter le bien-être aux travailleurs par la réindustrialisation, Macron était venu assurer le patronat de son soutien financier et politique permanent.

Dans le même temps, le centre-ville de Dunkerque était bunkerisé dès le matin et la population rigoureusement tenue à l’écart de sa venue à la Communauté urbaine par 1 500 CRS et gendarmes mobiles, des hauts barrages, la fermeture des services publics. Cette ambiance d’état de siège était odieuse et ridicule.

Il y eut cependant deux rassemblements rythmés par des casserolades et des slogans regroupant quelques centaines de manifestants n’acceptant pas la retraite à 64 ans. Mais il ne leur était pas possible de sortir avec des chasubles ou des drapeaux syndicaux des lieux où ils étaient confinés.

Pour les patrons, l’argent à gogo, pour les travailleurs qui ne veulent pas baisser la tête, la police : cela résume une politique.

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