RATP Bus : une privatisation avec caution de la Nupes26/04/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/04/2856.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

RATP Bus : une privatisation avec caution de la Nupes

Le 1er janvier 2025, l’ensemble du réseau bus de la RATP devrait être divisé en douze lots attribués à des filiales privées de transport de voyageurs (filiales de la RATP, de Keolis et de Transdev…)

Une cinquantaine de députés PCF, LFI, PS, EELV, donc de la Nupes, ont déposé un projet de loi pour repousser de quatre ans ce projet, à fin 2028. Le 11 avril, en commission, les députés de Renaissance ont modifié le texte pour permettre à Pécresse, présidente de la région Île-de-France, d’étaler cette privatisation entre fin 2024 et fin 2026. Le projet de loi sera soumis au vote de l’Assemblée nationale le 4 mai.

Le député communiste Stephane Peu est rapporteur du projet et explique : « Que l’on soit opposé au principe de l’ouverture à la concurrence des transports publics ou non, le constat est partagé concernant l’état d’impréparation de cette ouverture. » Il ajoute : « Parmi les points d’inquiétude sur la privatisation de la RATP, il y a la concomitance de calendrier avec les JO. » Une préoccupation qu’il partage avec le ministre macroniste des Transports, Clément Beaune. S’agit-il d’éviter au gouvernement des grèves pendant les Jeux olympiques, au moment où devraient se négocier les appels d’offres ?

Cette union sacrée entre les députés de gauche et le gouvernement n’a rien de surprenant quand on sait que dans l’agglomération lyonnaise, c’est la gauche qui ouvre le réseau des Transports en commun lyonnais à la concurrence.

Le secrétaire de la CGT RATP a prétendu que ce report est « un acte de défaite politique » de Pécresse, alors que grâce à lui, elle va pouvoir étaler le transfert des travailleurs de la RATP vers diverses filiales, au lieu de le faire d’un seul coup. Le ministre des Transports ne dit pas autre chose ; pour lui, il vaut mieux « prendre quelques mois de plus pour que ça marche ».

La RATP prévoit d’augmenter le trafic des bus et métros de 15 % pendant les JO, pour faire face au grand nombre de déplacements entre la fin juillet et la mi-août. Il se dit que les vacances posées à ce moment-là par les conducteurs pourraient être annulées. Ce serait une raison de plus pour faire grève pendant les JO mais Pécresse, elle, a demandé une loi suspendant le droit de grève durant cette période.

La Nupes voudrait se faire de la publicité auprès des travailleurs de la RATP en leur promettant un répit avant d’être avalés par le privé. Mais, au passage, elle entérine le fait que, pour préparer cette privatisation, le temps de travail journalier a augmenté, que le nombre de jours de repos a diminué, et que les services en deux parties – avec coupure non payée pendant laquelle on ne peut rien faire à part rester sur place – se sont multipliés. Les conducteurs de bus disent de plus en plus souvent que les journées de travail sont devenues infernales.

Ce n’est pas d’un simple report, le temps des JO, que les travailleurs de la RATP ont besoin ni de députés qui apportent leur caution aux projets du gouvernement et se mettent ainsi à son service. C’est en comptant sur leur mobilisation qu’ils peuvent mettre en échec ce projet funeste de filialisation et exiger des conditions de travail et des salaires décents. Les travailleurs peuvent susciter la crainte du patronat et des gouvernants, certainement pas les députés de la Nupes.

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