L’armée à la manœuvre : Orion, bruits de bottes sur la côte

01 Mars 2023

Le 27 février, les habitants de Sète et de Frontignan se sont réveillés au milieu d’une opération amphibie. Le débarquement de 700 hommes et de 140 véhicules était accompagné par la présence de deux porte-hélicoptères, dans le cadre de l’opération militaire Hemex-Orion, « un entraînement à haute intensité ».

Sur le port de Frontignan, il s’agit de « créer la confusion chez l’ennemi pour qu’il ne s’attende pas à l’endroit où on va débarquer » affirmait un officier. De nouveaux combats pour de faux étaient prévus à Sète jeudi 2 mars.

L’armée met en scène le combat d’une coalition pour soutenir un État nommé Arnland contre un État doté de la bombe nucléaire nommé Mercure.

Bien que Patricia Mirallès, secrétaire d’État chargée des Anciens combattants, interrogée dans le Midi Libre, ait assuré que cet exercice a été programmé antérieurement à la guerre en Ukraine, elle tenait à rappeler que la France a « la première armée d’Europe » et qu’elle démontre l’ampleur de ses capacités militaires. Et de conclure par un : « Nos armées doivent être prêtes. » La France est un impérialisme de seconde zone, mais ses dirigeants tiennent à ce qu’elle garde ce statut et n’hésitent pas à montrer les muscles pour entretenir l’illusion qu’elle a les moyens de ses ambitions.

Toute une panoplie d’engins de mort est donc déployée dans ce qui est le plus grand exercice jamais organisé sur le territoire français, impliquant de 7 000 à 12 000 soldats dans la région. Il se terminera début mai. L’objectif est de préparer l’armée à intervenir dans un conflit comme celui qui se déroule actuellement en Ukraine, mais aussi d’évaluer la capacité de la toute la société à soutenir les armées en cas de conflit majeur. Cela concerne la logistique, le ravitaillement ainsi que la santé des troupes et le renseignement.

Voilà qui rappelle qu’en cas de conflit, ceux qui ne seront pas au combat ne seront pas épargnés. Il faudra se plier aux besoins de l’armée et à ceux des industriels de l’armement. C’est bien ce que Macron entend quand il parle d’économie de guerre : en plus des aides faramineuses versées pour fabriquer des armes, il faudra marcher au pas dans le cadre d’une union sacrée dont on commence déjà à nous rebattre les oreilles.

Entre chair à canon et chair à profit, c’est sur les travailleurs que va retomber la catastrophe que l’on nous prépare. Ce sont eux qui peuvent faire cesser cette escalade guerrière et les bruits de bottes qui l’accompagnent. Sans eux, il n’y a ni arme, ni armée, ni profit.

Jean-Claude SARAN