Uber : un patron comme les autres

25 Janvier 2023

Le tribunal des prud’hommes de Lyon a donné raison à 139 chauffeurs de VTC travaillant pour Uber : ils sont reconnus comme étant des salariés déguisés de l’entreprise. Celle-ci est condamnée à leur verser entre 17 et 20 millions d’euros.

Depuis l’apparition de ces plateformes, dont Uber est une des plus connues, le combat fait rage entre les travailleurs au statut d’auto-entrepreneurs mais qui dépendent en réalité entièrement de ces applications, et les entreprises qui ne veulent pas payer de cotisations sur les salaires de ces prétendus indépendants. Elles affirment que les chauffeurs seraient libres de ne pas travailler pour elles, d’organiser leur temps comme ils le souhaitent... Alors qu’en fait, ils doivent trimer pendant de longues heures pour de bien maigres résultats, et souvent en prenant des risques sur la route.

Uber condamné s’est empressé de faire appel, non sans menacer les chauffeurs récalcitrants, dont les comptes seraient « désactivés à réception du jugement ».

L’exploitation connectée reste l’exploitation et les travailleurs, quel que soit leur statut, ne peuvent compter que sur leurs mobilisations pour la faire reculer.

Camille PAGLIERI