Produits alimentaires, carburants : les prix vont encore augmenter

25 Janvier 2023

Les patrons de Leclerc et de Système U ont annoncé que l’inflation allait croître au moins jusqu’au mois de juin. Quant aux carburants, ils pourraient, selon des spécialistes, être largement au-dessus de 2 euros d’ici quelques semaines.

Comme chaque début d’année, des négociations se tiennent entre les industriels de l’agroalimentaire (Coca-Cola, Nestlé, Candia, Heineken, Lustucru,…) et la grande distribution (Auchan, Carrefour, Leclerc, Super U…). Or, cette fois, les hausses réclamées par les industriels sont déjà de 20 % en moyenne et même de plus de 30 % pour certains produits. Dans quelques semaines ou mois, ces hausses seront répercutées sur le grand public.

Dans les stations-service, depuis le 1er janvier, la fin de la ristourne sur les carburants a déjà fait grimper les tarifs. Mais un nouvel événement pourrait les faire flamber. À partir du 5 février, l’embargo contre les produits pétroliers raffinés, dont l’essence ou le diesel, venant de Russie sera effectif. Or, en France, plus de la moitié du diesel venait des raffineries de Russie. La guerre a largement réduit ces importations mais la mise en place de l’embargo officiel signifie que les vannes devront être totalement coupées, ce qui va faire monter les prix. Et les spéculateurs, qui achètent des stocks de carburant en quelques clics pour les revendre en faisant un bénéfice au passage, sont déjà sur le coup.

L’inflation, partie du secteur de l’énergie, se transmet à tous les secteurs de l’économie. Si on reprend l’exemple de l’agroalimentaire, sous prétexte que l’électricité ou le fioul sont plus chers, les grands industriels de ce secteur font encore plus monter leurs prix pour accroître leurs bénéfices. L’inflation exacerbe la guerre commerciale entre capitalistes et les plus puissants imposent leurs prix aux plus faibles. En bout de chaîne, les travailleurs payent doublement : par la hausse des prix et par l’aggravation de leur exploitation. Imposer l’augmentation massive des salaires et leur indexation sur les prix est la seule réponse possible.

Pierre ROYAN