Pollution aux granulés : impuissance volontaire

25 Janvier 2023

Depuis quelques semaines, des nuées de granulés de plastique industriel souillent la côte atlantique, depuis la pointe de Penmarch jusqu’aux Sables-d’Olonne, empoisonnant au passage la faune et la flore marines. Elles proviennent de toute évidence d’un conteneur dont la perte en mer n’a pas été déclarée.

Ces granulés de quelques millimètres de diamètre sont la matière première de toute fabrication industrielle d’objets en plastique, de la bouteille de soda aux pièces spéciales pour l’aéronautique. Des millions de tonnes en sont fabriquées chaque année et transportées par voie maritime ou terrestre de par le monde. Les autorités européennes, calculant qu’il s’en perd 41 000 tonnes par an dans l’Union, polluant les mers et les rivières, avaient édicté des règlements contraignants pour éviter les accidents. Ils devaient prendre effet le 1er janvier 2022 et sont visiblement restés lettre morte, au moins dans le cas présent.

Les armateurs ne déclarent en effet les pertes de conteneurs que s’ils le veulent bien. Ils le font rarement, arguant que les équipages ne voient pas les boîtes tomber et qu’il est donc illusoire d’essayer de les retrouver. Ils ne savent d’ailleurs pas toujours ce que contiennent les conteneurs, ce qui rend la récupération éventuelle dangereuse et la pollution incontrôlable.

Tous les Macron du monde, passés, présents et futurs, se gargarisent au vert chaque matin et promettent monts et merveilles, transition et circuits courts. En attendant, la course au profit fait que l’on continue à fabriquer du plastique éternel et éternellement polluant à tire-larigot ; que l’on transporte des billes dans des sacs troués et des conteneurs fendus, quand ce n’est pas le conteneur entier qui part à la dérive ; que personne, et surtout pas les grandes entreprises, n’est responsable ; et que lorsqu’une loi finit par être édictée, les États ne la font pas respecter.

Après cela, ces braves gens viendront dire aux enfants de ne pas jeter par terre leur cornet de frites vide sous peine d’amende.

Paul GALOIS