Faire payer le patronat

25 Janvier 2023

On assiste en ce moment à un débat surréaliste pour déterminer la meilleure solution pour « garantir l’équilibre financier des retraites ». Chacun y va de sa méthode, du recul de l’âge à 64 ans à une augmentation des cotisations, en passant par des mesures d’accompagnement, pour les femmes, sur la pénibilité, ou encore la taxation des retraités considérés (il faut l’oser) comme des privilégiés.

Aucun des principaux responsables politiques ou syndicaux n’avance l’idée simple et évidente de faire payer ceux qui ont profité pendant des dizaines d’années du travail de salariés qui ont dû se serrer la ceinture tout au long de leur vie. Ceux qui devraient payer sont ceux qui ont usé et démoli parfois de façon irrémédiable la santé des salariés, et même avant 50 ans. C’est au ­patronat, aux capitalistes, à la gran­de bourgeoisie, qui se sont enrichis de façon indécente, de payer pour leur assurer le droit de vivre en touchant, en fait de retraite, un salaire décent.

Du côté des capitalistes les milliards coulent à flots. La crise se développe ? Eh bien les gouvernements courent au secours des plus riches et leur déversent des aides par centaines de milliards, pendant que les conditions de vie de l’ensemble du monde du travail ne cessent de se détériorer. C’est pour la garantie des profits, gaspillés ensuite dans la spéculation, que les conditions de vie, au travail ou en dehors du travail, se détériorent sans cesse.

C’est à ces vrais maîtres de la société qu’il faut demander des comptes et ce sont eux qu’il faut obliger à payer. Les gouvernements ne sont que les paravents utiles pour détourner la colère de la population travailleuse. Quand un gouvernement est usé, un autre peut le remplacer, qui fera la même chose. Macron est détesté, il le sait, mais il est en service, pas pour son propre compte, pour celui de la grande bourgeoisie.

Les choses sont présentées comme si les caisses de retraite étaient abondées aussi bien par le patronat que par les salariés, avec une part patronale des cotisations et une part salariale. En réalité, l’une comme l’autre sont prélevées sur une richesse créée par le travail des salariés. Alors ce sont bien eux qui ainsi alimentent intégralement les caisses de retraite.

Le monde des salariés doit pouvoir vivre décem­ment, au travail avec des salaires corrects, à la retraite en gardant ses moyens de vivre, et dans tous les autres domaines de la vie, en contraignant à payer ceux qui profitent de son travail. Si ceux-ci ne l’acceptent pas, qu’ils s’en aillent. Les capitalistes ne peuvent pas se passer des travailleurs pour amasser leurs profits ; les travailleurs peuvent et doivent se passer des capitalistes pour que tous aient une vie digne.

Paul SOREL