Droite et gauche, alternance et complicité25/01/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/01/2843.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

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Droite et gauche, alternance et complicité

Du côté des partis de gauche, on s’affiche aujourd’hui en opposants à la réforme des retraites de Borne-Macron. Ainsi, l’ancien président Hollande a déclaré qu’elle n’était pas juste.

L’ex-président est un expert en posture politicienne. Depuis trente ans, les gouvernements de droite et de gauche se sont relayés pour démolir le droit à la retraite, y compris sous la présidence d’un certain… Hollande.

En 1993, la réforme Balladur allongeait de 37,5 à 40 ans la durée de cotisation pour les salariés du privé pour obtenir une retraite à taux plein. Il s’agissait d’une mesure prise par la droite. Mais, arrivée au pouvoir en 1997 et disposant pendant cinq ans d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, la gauche dite « plurielle » menée par Jospin, se garda bien de revenir sur cette loi scélérate. Elle l’entérina et la mit en œuvre, sans que le PCF ou un certain Mélenchon, alors au PS, ne renoncent à leurs fauteuils de ministres.

Revenu au pouvoir, le tandem Chirac-Fillon étendit les mesures Balladur au secteur public en 2003 et programma l’extension pour tous de la durée de cotisation à 41 ans pour l’horizon 2012. Puis en 2010, sous Sarkozy, la réforme Woerth fit reculer l’âge de la retraite de 60 ans à 62 ans.

Le PS, comme aujour­d’hui, fit mine de s’y opposer mais, de retour au pouvoir en 2012 avec Hollande, il se garda bien de rétablir la retraite à 60 ans. Bien pire, la réforme Touraine, du nom de la ministre socialiste des Affaires sociales, programma l’allongement progressif à 43 ans de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, à raison d’un trimestre supplémentaire tous les trois ans de 2020 à 2035.

Depuis trente ans, aucun gouvernement, aucune assemblée nationale, quelle que soit sa couleur politique, n’a fait autre chose que d’amputer le droit à la retraite des travailleurs, tantôt par le recul de l’âge légal de départ, tantôt par l’augmentation de la durée de cotisation, le tout combiné à d’autres attaques. La plongée vers la misère d’une fraction croissante des travailleurs âgés est le résultat de cette prétendue alternance, qui n’est en fait que continuité et parfaite complicité entre les partis dévoués à la bourgeoisie.

Le gouvernement Macron-Borne souhaite donc aujourd’hui passer l’âge légal de la retraite de 62 ans à 64 ans, accélérer la réforme Touraine et imposer les 43 annuités dès 2027. Seules les mobilisations massives, par la grève et les manifestations ouvrières, comme en 1995, peuvent faire échouer le plan gouvernemental. C’est bien cette riposte qui est à l’ordre du jour.

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