Les gadgets et mensonges de Borne

19 Janvier 2023

« Mon objectif, c’est que les salariés n’arrivent pas cassés à la retraite », a déclaré la Première ministre, Élisabeth Borne, samedi 14 janvier sur France Inter. Mais ce n’est pas facile d’en convaincre les travailleurs quand on propose une réforme repoussant de deux ans l’âge de départ à la retraite !

« Nous allons créer un fonds de prévention de l’usure professionnelle doté d’un milliard d’euros », a déclaré Borne. La somme élevée annoncée est faite pour frapper les esprits. Mais aucun détail de plus n’a été donné sur ce fonds, qui reste bien mystérieux. Alors que le gouvernement ne cesse de limiter, voire de diminuer, toutes les dépenses qui peuvent bénéficier aux classes populaires, dans la santé, l’éducation, le logement et les transports, on n’a aucune raison de croire sérieusement qu’il va consacrer un milliard d’euros à améliorer les conditions de travail des salariés.

Autre mesure annoncée, une visite médicale sera obligatoire à 61 ans pour les salariés qui exercent des métiers pénibles. « Désormais, grâce à un avis médical, il sera possible de partir plus tôt », a assuré Véran, le porte-parole du gouvernement. Comment une telle mesure pourrait-elle s’appliquer alors que les entreprises, parfois même les plus grandes, sont devenues de véritables déserts médicaux, sans médecin du travail, ni même infirmerie ? Quant aux promesses d’augmenter le personnel de la médecine du travail, il n’y a vraiment aucune raison d’y apporter la moindre foi quand on voit l’état désastreux du système de santé dans le pays et l’inaction gouvernementale pour y remédier.

Enfin, dernière trouvaille, Borne a annoncé la création d’un « index seniors », destiné, selon elle, à « modifier les comportements des entreprises » et à les « inciter à garder les salariés les plus âgés au lieu de les licencier ». Ce dispositif serait à l’image de celui qui est censé lutter contre les inégalités hommes-femmes dans les entreprises. Tout aussi illusoire, faudrait-il ajouter, quand on voit à quel point ces inégalités se maintiennent ! Borne a tenu à rassurer les employeurs, en précisant que cet index n’entraînerait pas la moindre sanction financière contre les entreprises. Mais cela n’a pas empêché le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, d’exprimer son opposition « au principe de cet index », refusant fermement le moindre contrôle et la moindre contrainte.

Autant dire que les patrons continueront de faire ce qu’ils veulent, en fonction d’un seul objectif : augmenter leurs profits.

Marc RÉMY