Les 1 200 euros, tromperie au salaire minimum

19 Janvier 2023

Pour vendre son attaque contre les retraites, Élisabeth Borne se vante d’augmenter les petites retraites. « Pas une retraite en dessous de 1 200 euros, 85 % du smic net, soit une augmentation de 100 euros par mois », dit-elle. Elle va même jusqu’à parler à ce propos d’un « progrès social ».

Cette annonce est une véritable escroquerie car, pour toucher ces 1 200 euros brut il faudra avoir fait une carrière complète, c’est-à-dire avoir cotisé sans interruption pendant 43 ans. Or une grande partie de celles et ceux qui sont éligibles à une toute petite retraite sont justement ceux qui ont eu une carrière hachée, interrompue par des périodes où ils ne cotisaient pas. C’est le cas en particulier des femmes. C’est aussi le résultat du chômage, des bas salaires et des réformes des retraites précédentes. Ils ne toucheront donc pas les fameux 1 200 euros, desquels il faudrait d’ailleurs déduire les cotisations sociales, en l’occurrence la CSG, pour arriver à environ 1120 euros net !

En fait, beaucoup de retraités continueront donc à tenter de joindre les deux bouts comme ils peuvent avec 900 euros ou moins, à payer des loyers en hausse, régler des factures de chauffage qui explosent et à se priver lorsqu’ils font leurs courses. Leur nombre ne peut même qu’augmenter avec le fait que les patrons continueront à jeter dehors les travailleurs bien avant 64 ans et que beaucoup d’entre eux seront au RSA à l’âge de la retraite.

Mais même pour ceux qui toucheront ces 1 200, ou plutôt ces 1 120 euros, comment Élisabeth Borne peut-elle oser dire que ces 85 % du smic constituent une « retraite digne » ? Avec 100 % du smic, celles et ceux qui sont en activité n’y arrivent pas et doivent se priver sur tout.

Pour vivre dignement, il faudrait aujourd’hui que le montant minimum de la retraite s’élève à 2 000 euros net mensuels, et qu’il soit revalorisé en fonction de la hausse des prix. C’est une bonne raison de plus d’être en grève et dans la rue.

Daniel MESCLA