Face à l’offensive générale du patronat et du gouvernement

19 Janvier 2023

La réforme des retraites, dans la version Macron-Borne 2023, n’est pas seulement la continuation d’une politique poursuivie depuis 1993, elle est un élément de l’offensive générale poursuivie, elle aussi de façon continue, contre la classe travailleuse.

Cette politique est à l’œuvre sous d’autres noms et d’autres modalités partout dans le monde. Elle s’est traduite par la mise en chômage permanent d’une fraction de la classe ouvrière, par la précarisation d’une autre et par les bas salaires pour tous. Les États y ont ajouté la baisse continue des budgets sociaux, l’abandon des services publics et des infrastructures, les attaques contre les retraites et la remise en cause des indemnités de chômage. Elle prend des formes encore plus brutales dans les pays pillés par l’impérialisme, qu’ils soient ravagés par la faillite, la guerre, la famine ou les trois à la fois.

Ces attaques multiformes ne cesseront pas d’elles-mêmes ou sous l’effet de quelque miracle politique car elles correspondent aux besoins vitaux du grand capital. Ce dernier, véritable et unique maître de la société, a besoin d’exploiter de plus en plus durement la classe travailleuse, il ne peut subsister sans lui extorquer ses économies dans les quelques pays où elle avait pu en faire. Les bourgeoisies les plus puissantes et leurs États respectifs se préparent même manifestement à aller plus loin encore en militarisant la société, en augmentant les crédits de guerre, en se donnant les moyens d’aller chercher leurs profits à coups de canons. La guerre d’Ukraine et les multiples conflits qui ensanglantent le monde comme la multiplication des catastrophes climatiques préfigurent ce que peut devenir une planète dominée par les capitalistes.

Derrière la question des retraites, il y a donc celle de l’ensemble des attaques menées contre les travailleurs et, au-delà, celle du capitalisme, un système qu’il faut renverser dès que possible. Il reste que la classe ouvrière ne peut choisir ni le moment ni le terrain sur lequel elle a à combattre. Si le gouvernement et le grand patronat mènent l’attaque sur les retraites, il faut répondre sur ce terrain. D’abord parce qu’il n’y a aucune raison que les travailleurs salariés, la seule classe productive de la société, se laissent dépouiller comme au coin d’un bois par des rentiers parasites. Ensuite parce que les travailleurs, légitimement révoltés par cette attaque, peuvent en la combattant, voire en faisant reculer le gouvernement, retrouver confiance en leurs forces. Enfin parce que la question des retraites est liée à celles des salaires, des emplois, de toute l’organisation sociale.

Alors, si l’épisode actuel n’est qu’un pas de plus dans l’offensive du capital, il peut devenir un premier pas dans la contre-offensive des travailleurs.

Paul GALOIS