Prime d’apprentissage : une main-d’œuvre à moindre coût

11 Janvier 2023

La prime versée aux entreprises pour l’embauche d’apprentis est prolongée jusqu’à 2027. Elle sera de 6 000 euros par an, couvrant la totalité du salaire versé pour les apprentis de moins de 21 ans.

Il y a actuellement plus de 800 000 apprentis, alors qu’ils n’étaient que 300 000 avant que cette prime soit mise en place en juillet 2020. Lors de son lancement, elle était de 5 000 euros par an pour les mineurs et de 8 000 euros par an pour les majeurs jusqu’à 30 ans. Depuis le 1er janvier 2023, c’est une prime annuelle unique de 6 000 euros, quels que soient l’âge et le niveau d’étude.

Officiellement, dans les contrats d’apprentissage, au moins 25 % du temps doit être consacré à la formation. C’est déjà inférieur à ce qui se faisait précédemment : une semaine en formation et une semaine en entreprise. Mais en plus, dans certains cas, cette règle est ouvertement contournée.

L’État a permis aux grands groupes de créer leurs propres centres de formation (CFA). Par exemple, Orange, Système U, Saint-­Gobain, Engie, Bouygues, Veolia, la SNCF, Lactalis l’ont fait, ce qui leur permet de définir eux-mêmes ce qu’ils entendent par formation. Ainsi, à Saint-Gobain, c’est une semaine en CFA et six semaines en entreprise. Chez Engie, c’est encore plus radical : toute la formation se fait par Internet.

Quant au niveau de salaire versé, rien n’est imposé à l’employeur, si ce n’est le smic pour les plus de 26 ans, moins pour tous les autres, et même le quart du smic pour les plus jeunes apprentis de 16 et 17 ans lors de leur première année de contrat. Enfin, il faut ajouter que la même prime existe pour les contrats de professionnalisation. Ces contrats, considérés comme de la formation continue, permettent d’étendre le système de l’apprentissage à des travailleurs de n’importe quel âge. Il y a peut-être des entreprises où des jeunes apprendront un métier mais, en tout cas, tous apprendront l’exploitation.

P. R.