Nos lecteurs écrivent : quel accompagnement pour les enfants handicapés ?

11 Janvier 2023

Après mes six premières années d’AESH (accompagnante d’élèves en situation de handicap) comme contractuelle, j’ai pu signer en 2016 mon CDI, qui m’a permis de gagner… un centime brut de plus par mois.

Depuis douze ans que je travaille, la situation des AESH n’a pas changé : dans notre commune de 40 000 habitants dans le Val-d’Oise, il manque plus de 45 AESH. Certains d’entre nous travaillent dans deux écoles dans la même journée, parfois dans huit écoles par semaine et s’occupent de cinq à six enfants par jour ! Nous sommes payés moins que le smic mais on nous impose des formations et des réunions en dehors de notre temps de travail, parfois le mercredi après-midi ou en soirée, et une fois par semaine le midi.

Les conditions d’accueil des enfants sont de plus en plus délirantes. Une amie doit s’occuper d’un enfant handicapé de 8 ans qui, faute de place en IME (institut médico-éducatif), a été placé dans une classe de maternelle, avec des enfants de quatre ans de moins que lui…

Bien sûr, avec les factures qui augmentent, on se retrouve à occuper plusieurs emplois. Moi, je travaille en plus le midi à la cantine de mon école maternelle. Nous sommes trois adultes pour 54 enfants de 3 à 6 ans. C’est la course : nous n’avons pas le temps de prendre soin des enfants et nous devons, nous, manger à toute vitesse. Comme la loi impose un encadrant pour dix enfants, nous devrions être deux fois plus. Nous travaillons avec la peur qu’il arrive un accident à un enfant. Nous avons alerté la mairie, qui n’a rien fait car, d’après elle, elle n’arrive pas à recruter et n’a pas les moyens. Nous avons contacté les parents pour les avertir.

Les pouvoirs publics nous utilisent et savent à quel point nous sommes utiles. Mais, ils nous exploitent comme n’importe quel patron.

Une lectrice du Val-d’Oise.