Radiations à Pôle emploi : les chiffres loin de la réalité

04 Janvier 2023

En novembre, la direction de Pôle emploi a supprimé plus de 58 000 chômeurs de ses listes, un chiffre en hausse de 19 % ! Sur l’année 2022, 50 500 personnes ont été radiées en moyenne tous les mois, contre 44 000 en 2019.

C’est autant de travailleurs qui ont perdu leur allocation chômage et qui sont en train de sombrer, eux et leur famille, dans la pauvreté. Mais pour le gouvernement, cela permet de baisser sur le papier le chiffre du chômage et de fanfaronner de manière indécente en affirmant qu’on va vers le plein emploi.

Cette hausse du nombre des radiations est le résultat d’une attaque clairement annoncée par Macron en novembre 2021 : « Les demandeurs d’emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leurs allocations suspendues. » Depuis, Pôle emploi a radié encore plus systématiquement qu’avant les travailleurs ayant manqué ne serait-ce qu’un seul rendez-vous. Et surtout, il a multiplié les contrôles pour insuffisance de recherche d’emploi. Il y en a eu 500 000 en 2022 contre 150 000 en 2017.

Cette attaque s’inscrit dans la guerre planifiée par le gouvernement contre les chômeurs et contre tous les travailleurs. Depuis des mois, il multiplie les lois et les mesures qui augmentent le nombre de mois de travail nécessaires pour pouvoir toucher le chômage et il diminue le montant des allocations ainsi que la durée pendant laquelle on peut les toucher. Il mène une campagne permanente avec la complicité des médias pour faire porter la responsabilité du chômage sur les travailleurs sans emploi, et non sur le patronat qui licencie et supprime des postes à tour de bras.

Cette politique anti­chômeurs vise tous les travailleurs. En faisant pression pour que les chômeurs acceptent n’importe quel emploi, le gouvernement aide le patronat pour que, dans cette période d’explosion des prix, il n’ait pas à augmenter les salaires. D’ailleurs, d’après Mediapart, les contrôles de Pôle emploi se concentrent actuellement principalement sur les travailleurs inscrits dans les métiers dits « en tension », comme la santé et l’action sociale, les hôtels et la restauration, ainsi que le transport de voyageurs et de marchandises. C’est justement là où les patrons se plaignent de ne pas arriver à embaucher et où les salaires sont très bas et les conditions de travail de plus en plus dures.

Ce qu’il est urgent de radier, c’est cette politique du patronat qui impose toujours plus de travail par toujours moins de personnel avec des salaires toujours plus bas, pour qu’il fasse toujours plus de profits.

Arnaud LOUVET