CHR Metz-Thionville : catastrophe aux Urgences

04 Janvier 2023

Depuis trois semaines, les activités non urgentes étaient déjà déprogrammées au sein du CHR de Metz-Thionville, qui regroupe les hôpitaux des deux villes de Metz et Thionville, distants de 41 kilomètres. Cependant, la tension est montée d’un cran vendredi 30 décembre.

Ce jour-là, 55 des 59 employés du service des Urgences de l’hôpital Bel-Air de Thionville étaient en congé maladie, complètement à bout, mis en arrêt y compris par des médecins du service d’urgence.

Le lendemain 31 décem­bre, le plan Blanc a été déclenché sur le CHR, le service des Urgences de Thionville fermé jusqu’au 6 janvier, seul restant possible l’appel au 15. Ce service, qui disposait de douze box d’accueil, enregistrait plus de 100 passages par jour, et le CHR manquait de lits et de personnel pour hospitaliser les patients après leur accueil. Les patients restaient sur des brancards dans le couloir et une nuit, plus aucun brancard n’étant disponible, une dame a dû s’allonger par terre. Des patients étaient contraints d’attendre non pas des heures mais des dizaines d’heures, avec un personnel complètement débordé, dans une situation qui n’était plus tenable. Quant à l’hôpital de Metz, des tentes utilisées dans les situations de catastrophe ont été installées pour faire le tri des patients à l’entrée du service d’urgence.

C’est une situation que le ministre de la Santé, François Braun, connaît bien : avant d’être nommé ministre, il dirigeait les Urgences de ce CHR. Mais voilà : il manque du personnel et la situation ne fait que s’aggraver depuis des années.

En Moselle, la pénurie d’infirmières est encore aggravée par la proximité du Luxembourg où certaines préfèrent aller travailler car elles y sont payées le double que dans les hôpitaux français. Mais il ne manque pas que des infirmières ! Il manque des brancardiers, des aides soignantes, etc., et les hôpitaux n’en embauchent pas assez.

La situation n’est pas nouvelle. Déjà l’été dernier, faute de pouvoir accueillir les patients, les urgences avaient été fermées. Le remède : serait d’embaucher, de former, d’augmenter les salaires, de cesser de supprimer des lits d’hôpitaux… ce n’est pas l’ordonnance que s’apprête à rédiger le ministre Braun.

Étienne HOURDIN