Tesla : les montagnes russes d’une économie irrationnelle

28 Décembre 2022

L’année 2022 enregistre la chute de près de 65 % de la valeur en bourse de Tesla, soit une perte de 700 milliards de dollars. La somme représente la valeur de six constructeurs automobiles réunis, parmi lesquels Toyota, Stellantis ou encore Ford.

Si le montant de milliards évaporés a de quoi donner le tournis, il ne suffit pas à détrôner son propriétaire, Elon Musk. Il reste l’homme le plus riche du monde, bien que sa fortune ait fondu de 100 milliards cette année.

La chute de Tesla est aussi spectaculaire que l’avait été sa progression : en 2020, l’action du constructeur de voitures électriques avait bondi de 950 %, sans que cela corresponde à son poids réel sur le marché automobile. L’entreprise n’avait alors vendu que 400 000 véhicules et valait tout de même dix fois plus que ­General Motors par exemple, qui en vendait vingt fois plus qu’elle !

L’année a pourtant été extrêmement rentable pour Tesla, qui a affiché une marge de plus de 17 % au troisième trimestre et une progression de ses volumes de vente de 45 %. Mais la dégringolade actuelle de Tesla n’est pas plus rationnelle que l’avait été sa progression fulgurante. Ainsi, certains investisseurs expliquent se détourner de Tesla parce que Musk lui-même, trop absorbé par son nouveau jouet, Twitter, n’accorde plus assez d’attention à l’entreprise. Le troisième actionnaire individuel de Tesla, l’homme d’affaires Leo Koguan, qui se dit « fan inconditionnel d’Elon, la seule personne que je respecte sur Terre », lui a reproché récemment d’avoir abandonné Tesla. D’autres anticipent un ralentissement du marché de l’électrique et cherchent d’ores et déjà des secteurs plus profitables.

Dans cette économie spéculative, la chute de cette valeur hypertrophiée fait le bonheur de ceux qui avaient parié sur la chute des cours. Les investisseurs du marché de la vente à découvert ont empoché près de 15 milliards de dollars, en spéculant à la baisse.

Les milliards s’évaporent ou changent de main sans rapport avec la création de richesses, pour le plus grand profit d’une minorité de capitalistes, tout en rapprochant l’économie d’un krach généralisé.

Nadia CANTALE