Petit commerce : avis de décès

28 Décembre 2022

En Île-de-France en 2022, selon la Chambre de commerce régionale, 5 900 salariés ont perdu leur travail suite aux liquidations judiciaires et, pour 2023, la disparition de 127 000 autres emplois est prévisible.

Même si des entreprises moyennes sont dans la ligne de mire, les premières touchées sont évidemment les petites, services à la personne, restauration, ­petits commerces. Les bouchers ont déjà manifesté fin novembre. Parmi les boulangers, beaucoup ont déjà fermé, en particulier dans les communes populaires où les consommateurs aux salaires laminés par la crise se rabattent de plus en plus sur les baguettes à 50 centimes, voire moins, du supermarché local et des chaînes de boulangerie industrielle.

Dans toutes les régions, des villes moyennes aux banlieues des grandes villes jusqu’aux villages, ils sont de plus en plus nombreux à disparaître, parfois en placardant sur leur boutique un « avis de décès » pour cause de hausse des prix des matières premières, farine, œufs, beurre, et du prix de l’énergie multiplié par trois, quatre, voire sept, comme ce boulanger d’un village des Cévennes dont la facture annoncée par ­Enedis devait passer de 1 000 à 7 000 euros par mois.

« Nous ne lâcherons pas les commerçants », a déclaré ­récemment Olivia Grégoire, la ministre chargée des petites entreprises et du commerce. Mais comment ? Et surtout lesquels ? Démagogie électoraliste mise à part, le gouvernement ne veut ni ne peut s’opposer à la dégringolade d’une économie en crise : les grosses entreprises absorbent les petites et les grandes chaînes commerciales font disparaître les artisans les plus fragiles, ces travailleurs dits indépendants mais asservis au système économique au même titre que les salariés.

Sylvie MARÉCHAL