Partis de gauche : méli-Mélenchon électoral

28 Décembre 2022

Les partis de gauche, regroupés dans la Nupes depuis les élections législatives du mois de juin, n’auront pas connu de trêve des confiseurs. Loin de se rassembler autour de la venue du sauveur de Bethléem, ils se divisent à propos du sauveur de leurs postes de députés, ou prétendu tel, Jean-Luc Mélenchon.

Cela commence dans son propre parti, LFI, où la querelle à propos de la démission éventuelle d’Adrien Quattenens, député condamné pour avoir giflé son épouse, masque en fait la guerre pour la succession, ou le maintien, de Mélenchon. Au-delà, la course à la candidature LFI pour la présidentielle de 2027 a commencé.

L’échéance se prépare aussi dans les autres composantes de la Nupes. Les Verts annoncent déjà une liste séparée aux élections européennes de 2024, tremplin évident pour l’élection suivante, la plus importante. Le PS s’agite en vue d’un congrès au printemps et la revendication de l’indépendance à l’égard de Mélenchon est, ces temps-ci, la figure obligée des responsables socialistes. Quant au PCF, quatrième – ou cinquième – roue du carrosse, qui prépare lui aussi un congrès, il se divise sur cette même question. L’actuel secrétaire général, Fabien Roussel, ex-candidat à la présidentielle, veut continuer sur sa ligne d’indépendance, mâtinée de sorties réactionnaires. L’ancien secrétaire, le sénateur Pierre Laurent, et une série de responsables du PCF proposent au contraire une union plus étroite avec le reste de la gauche. Les deux se défendent bien entendu de vouloir courber la tête sous les fourches caudines de Mélenchon.

Tous pourtant, dans leur perspective électorale stricte, finiront par se rallier à un seul, ne serait-ce qu’au deuxième tour de l’élection présidentielle. Les institutions de la Ve République le commandent, Mélenchon ne fait que se fondre dans le moule comme, il le rappelle souvent, Mitterrand avant lui. Ce dernier avait bien commencé par s’imposer dans son parti – et par quels coups tordus ! – avant de s’imposer à la gauche puis de remporter l’élection. Mélenchon s’efforce donc de suivre l’exemple afin de devenir le candidat unique obligé de la gauche. Il reste aux autres à tenter de défendre leur petit arpent à son ombre, qu’ils viennent de l’écologie, des vieilles cabanes du PCF ou du PS ou de la décomposition de groupes d’extrême gauche. Sur ce terreau peu engageant, ne peuvent pousser que de nouvelles illusions électorales.

Paul GALOIS