Sous-traitance automobile : sous pression des donneurs d’ordres

21 Décembre 2022

À la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, s’ajoutent les pressions que les trusts de l’automobile exercent sur les sous-traitants.

Les sous-traitants les répercutent sur les travailleurs, voire les utilisent comme argument pour intensifier l’exploitation.

Le directeur de l’usine du groupe Magneto Wheels de Ternier dans l’Aisne, un fabricant de roues en acier, explique que sa facture d’électricité augmente de 600 % dès 2023 et que, pour le gaz, il a un sursis car son contrat ne prend fin qu’en septembre. L’acier a lui aussi beaucoup augmenté les deux années précédentes. Mais ses donneurs d’ordres, dont Renault et Lancia, refusent toute hausse des prix même s’ils facturent leurs voitures plus cher au nom de ces mêmes hausses de prix de l’énergie ou des matières premières.

Entre 2009 et 2019, plus de 50 700 emplois ont disparu des 4 000 entreprises de sous-traitance automobiles qui, des petites aux géants du secteur emploient 400 000 salariés. Cette hécatombe d’emplois n’est pas le résultat de forces extérieures, comme la crise sanitaire ou de hausses de prix auxquelles personne ne pourrait rien, mais celui de la guerre permanente entre producteurs. Les plus puissants imposent leur loi.

Comme l’ensemble du patronat, les entreprises se tournent vers l’État qui, grâce aux impôts de la population, accorde des aides pour le paiement des factures d’énergie. Mais en dernier ressort, pour gagner leur guerre pour le maintien de leurs profits, ces capitalistes grands et petits considèrent les salariés comme la variable d’ajustement.

Les travailleurs sont face à toute une classe de capitalistes, et pas seulement à des patrons isolés qui peuvent être en incapacité de faire face à la concurrence. Pour maintenir leur niveau de vie malgré la hausse des prix sans travailler plus et sans que leurs conditions de travail se détériorent, c’est avec l’ensemble des patrons qu’ils auront à instaurer un rapport de force.

Inès Rabah