Macron en mer Rouge : un Rafale pour Noël

21 Décembre 2022

Après avoir consolé l’équipe de France de football, Macron s’est envolé pour féliciter la marine, le temps d’un repas et d’une nuit à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle.

La mise en scène était soignée, avec le président dans le rôle habituellement tenu par Tom Cruise, un menu de fête, des discours pompeux, des officiers et des marins rangés comme des soldats de plomb. Les spécialistes en communication de l’Élysée ont fait ce pour quoi on les paye, mettre le président en majesté, les médias ont sonné de la trompe et diffusé les images en direct, en replay, en différé et à la demande.

Outre sa grandeur, Macron voulait aussi célébrer celle de la France et de ses armes, portées sur toutes les mers par le coûteux Charles-de-Gaulle. La mission actuelle du porte-avions le conduira de la Méditerranée orientale, où il a servi d’appui aux forces de l’Otan qui encerclent la Russie, jusqu’à l’océan Indien et aux manœuvres visant à impressionner la marine chinoise. Sur la route, il a franchi le canal de Suez et est entré en mer Rouge, où l’a rejoint Macron, pour veiller sur les intérêts français au Proche-Orient. En plus de ruiner les finances publiques, la parade militaire est bien sûr l’occasion de démonstrations commerciales des avions Rafale et autres marchandises proposées à l’exportation par les marchands de mort français.

Les discours de Macron à la gloire de la marine française, de sa puissance, de son indépendance, de ses redoutables capacités ont évidemment un côté ridicule. Il suffit de rappeler que la marine américaine aligne, elle, onze porte-avions dont le moindre embarque presque deux fois plus d’aéronefs que le Charles-de-Gaulle. La dernière victoire de la glorieuse marine française remonte à 1781, lors de la guerre d’indépendance américaine. Depuis lors, elle s’est illustrée par des déroutes et le bombardement à distance prudente de populations impuissantes, de l’Algérie à l’Indochine et jusqu’à la Yougoslavie, au Liban et à la Libye il y a peu.

Pourtant, tout matamores essoufflés que sont l’impérialisme français, son représentant politique et ses amiraux, ils sont toujours capables de massacrer, de bombarder et d’envoyer à la mort une ou deux générations de conscrits. Et, de plus en plus visiblement, ils s’y préparent.

Paul GALOIS