Union européenne : barbelés et matraque contre les migrants

14 Décembre 2022

Jeudi 8 décembre, une dizaine d’ONG ont fait paraître la deuxième édition du Livre noir des refoulements qui répertorie les violences infligées aux migrants aux frontières de l’Union européenne.

Les 25 000 migrants concernés par les témoignages font la chronique des violences endurées pour trouver asile. Dans les Balkans ou en Europe de l’Est, pour dissuader de passer une frontière ou de la repasser après un refoulement, les réfugiés subissent des « passages à tabac extrêmes et prolongés, le rasage de la tête, des déshabillages forcés, des agressions sexuelles, des attaques de chiens et avec des armes à décharge électrique, entre autres », selon le bilan qu’ont présenté les coauteurs du Livre noir. Alors que depuis le début de l’année 2022 le nombre de réfugiés est à nouveau en augmentation après un ralentissement lié à l’épidémie de Covid 19, les violences sont devenues systématiques. Ainsi, les images de réfugiés mis dans des cages à la frontière de la Bulgarie et de la Turquie, filmées par Le Monde et un collectif de médias européens, ont suscité une forte émotion après leur diffusion le 8 décembre.

Cette barbarie est assumée par l’Union européenne et Frontex, son service de garde-frontières, complice des refoulements de réfugiés, en particulier à la frontière entre la Grèce et la Turquie où plusieurs migrants ont trouvé la mort après avoir été retrouvés nus. Mais la barbarie n’est pas seulement le fait des gardiens armés, ceux de Frontex ou ceux des différents pays que les migrants cherchent à traverser avant d’atteindre la destination finale de leur choix. Elle est aussi celle des dirigeants des pays se prétendant civilisés et démocratiques. Après le sordide bras de fer entre l’Italie et la France pour l’accostage de l’Ocean Viking et de quelques dizaines de réfugiés, l’Union européenne se divise à nouveau sur les « quotas » de réfugiés à accueillir.

Après leur périple en mer ou sur terre, au risque de leur vie, les réfugiés sont reçus en Europe à coups de matraque, avec des sévices et des enfermements. Derrière les tortionnaires en uniforme, il y en a d’autres : les dirigeants d’une Union européenne qui se divise et se verrouille.

Boris SAVIN