Minimum des pensions : les promesses aux oubliettes

14 Décembre 2022

Le gouvernement s’était engagé à porter le montant minimum de la pension à 85 % du smic, au lieu des 75 % calculés jusque-là pour les retraités ayant une carrière complète.

Cela porterait ce montant à 1 200 euros brut. Selon un rapport sur les petites pensions datant de 2021, en France les retraités seraient 5,7 millions à toucher une pension inférieure à 1 000 euros par mois, soit le tiers des retraités du pays.

Mais voilà qu’une autre annonce vient d’être relayée dans les médias : seuls les nouveaux retraités bénéficieraient de cette mesure. Durant la campagne présidentielle, Macron avait pourtant promis, juré, que tous les retraités verraient leur pension revalorisée. « Y compris pour les retraités actuels. Quelqu’un qui nous écoute aujourd’hui et qui est à 990 euros, qui a eu une carrière complète (…), je souhaite qu’on puisse le monter à 1 100 euros », avait-il déclaré le 15 avril 2022. Quatre jours plus tôt, le 11 avril, il promettait même d’indexer les retraites sur l’inflation. Olivier Dussopt, le ministre du Travail, en charge de la réforme, a depuis abondé dans le même sens, avant de mettre un bémol à ses déclarations.

Le gouvernement cherche le moyen de faire des économies sur le dos des travailleurs, qu’ils soient en activité, chômeurs ou retraités, y compris par rapport à ses propres promesses. Car la revalorisation aurait évidemment un « coût », comme disent les porte-parole des intérêts patronaux. Il y a aussi sans doute le petit jeu habituel : autant laisser un os à ronger aux directions syndicales dans les prochaines discussions sur la réforme des retraites.

Mais, même revalorisée, la pension minimum resterait, pour ceux qui pourraient en bénéficier, toujours insuffisante pour vivre. Des augmentations conséquentes de 400, 500 euros mensuels, un montant minimum de 2 000 euros pour les retraites seraient aujourd’hui nécessaires, ainsi que leur indexation sur la hausse des prix. Autant d’objectifs à ne pas oublier dans une mobilisation contre la réforme projetée par le gouvernement.

Aline RETESSE