Recherche médicale : à votre bon cœur…

07 Décembre 2022

Grâce à la mobilisation des bénévoles et donateurs, 78 millions d’euros de dons ont été promis lors de la récente édition du Téléthon.

Depuis 35 ans, dans un pays riche comme la France, une partie de la recherche sur les maladies neuromusculaires, la thérapie génique et des maladies rares, est ainsi financée par la générosité publique, tout comme la recherche sur le cancer, sur les maladies du cerveau, etc.

L’État finance le moins possible la recherche médicale, réservant l’argent public aux grandes entreprises, qui bénéficient, entre autres, des 6 milliards d’euros du crédit impôt-recherche cette année. Cette niche fiscale à elle seule coûte six fois plus que le budget de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Depuis des années, bien des unités de recherche, dans des organismes publics comme l’Inserm, jonglent avec des budgets tout à fait insuffisants. Il est de plus en plus compliqué d’assurer à la fois les salaires des scientifiques, techniciens et administratifs, qui sont de plus en plus des travailleurs précaires hors statut, et les dépenses courantes ou d’équipement.

Les chercheurs sont de plus en plus absorbés, non par la recherche médicale, mais par celle de crédits pour faire fonctionner leur laboratoire. Ils passent un temps énorme à constituer des dossiers pour répondre à des appels à projet, dont les financements assureront un salaire pendant quelques mois, ou l’achat d’un serveur informatique. À présent, l’Inserm aussi est contraint de faire appel à la générosité du public au travers d’une campagne destinée à déclencher des dons pour financer les progrès dans la santé.

Au lieu de cela, les 44 milliards d’euros budgétés cette année pour l’armée française pourraient être consacrés à la santé publique, quitte à laisser les généraux tenter de se financer par un « arméethon ».

Lucien DÉTROIT