Restos du cœur : de plus en plus de demandeurs

23 Novembre 2022

Les Restos du cœur ont ouvert le 22 novembre leur 38e campagne annuelle, et cette année s’annonce pire que les précédentes, même si la situation des bénéficiaires n’a fait que s’aggraver depuis des années.

Avec l’intensification de la crise économique, l’inflation galopante que connaît le pays et les conséquences du Covid, la précarité s’étend. Selon Patrice Douret, le président de l’association, depuis le mois d’avril les centres ont accueilli 12 % de personnes de plus qu’à la même période de l’année précédente, dont 60 % sont sous la moitié du seuil de pauvreté et doivent vivre avec 551 euros par mois. Près d’un tiers des familles n’ont aucune ressource et « l’arbitrage entre se loger, se chauffer et se nourrir est devenu de plus en plus complexe ». Le nombre d’enfants de moins de 3 ans accueillis dans les centres et auxquels il est indispensable de donner une nourriture équilibrée est en hausse de 25 %. Sont en augmentation aussi le nombre de familles monoparentales, celles dont le salaire, trop bas, ne permet pas de vivre correctement, celui des étudiants sans ressources ou de seniors qui, ayant aidé leurs enfants à s’en sortir pendant la crise du Covid, se retrouvent à leur tour en situation d’aller aux Restos du cœur.

Alors qu’une partie croissante de la population tombe dans la misère, les Restos du cœur craignent de ne pouvoir aider tous ceux qui en ont besoin. Avec une hausse des prix officiellement de 6 %, mais en réalité de 12 % sur les produits alimentaires, l’offre de nourriture risque d’être insuffisante, les dons des particuliers, majoritairement des travailleurs et retraités, en baisse. Parallèlement, la hausse du prix de l’électricité pourrait contraindre à ne plus utiliser nombre de chambres froides ou de congélateurs. Il est à craindre aussi que les bénévoles obligés de se déplacer en voiture soient moins nombreux pour le faire.

Heureusement qu’il existe une solidarité représentée, entre autres, par les Restos du cœur. Car les travailleurs s’appauvrissent d’année en année, suivant une courbe inverse de celle d’une minorité de nantis dont la richesse explose. Pourtant, c’est sur les premiers que les coups bas pleuvent : baisse des allocations, pressions pour faire accepter n’importe quel emploi à n’importe quel salaire, etc., le tout accompagné de leçons de morale pour les culpabiliser de vouloir manger à leur faim, se loger correctement et offrir un avenir à leurs enfants.

Marianne LAMIRAL