Journée Unicef : pour les enfants, des mots

23 Novembre 2022

Dimanche 20 novembre était la journée mondiale des enfants, organisée depuis que, le 20 novembre 1989, l’ONU a signé la Convention relative aux droits de l’enfant.

Depuis trente-trois ans, cela donne lieu tous les ans à de belles déclarations. Ainsi, pour Kofi Annan quand il était secrétaire général de l’ONU: « Rien n’est plus important que de bâtir un monde dans lequel tous nos enfants auront la possibilité de… grandir en bonne santé, dans la paix et dans la dignité ». Mais ce sont autant de mots creux, qui cachent bien mal la réalité que vivent les enfants, dans une société qui ne leur offre ni santé ni paix ni dignité.

Rien qu’en France, les chiffres officiels parlent d’un million d’enfants pauvres sur quinze millions, de 19 000 enfants maltraités, de 150 000 enfants qui quittent chaque année l’école sans aucune perspective, de 15 % d’enfants arrivant au collège ans vraiment maîtriser la lecture.

Dans les pays pauvres, la situation est encore bien pire et, à l’occasion d’une autre journée mondiale contre le travail des enfants le 12 juin, patronnée par l’Organisation internationale du travail, on apprend que, dans le monde, près d’un enfant sur dix est obligé de travailler et un enfant sur quatre en Afrique subsaharienne. En Asie du Sud, près de 17 millions d’enfants travaillent dans des conditions terribles, comme ceux qui sont enchaînés à leur métier à tisser 20 heures par jour. Quant à ceux qui ne travaillent pas, le sort qui les attend est peut-être la prostitution voire l’esclavage. Alors, comment parler de dignité ?

Dans le domaine de la santé, les maladies infectieuses et la faim continuent à faire des ravages dans les pays pauvres où tout manque, médicaments, soins et nourriture. Enfin, parler de paix pour les enfants est un vain mot, dans un monde qui connaît les guerres incessantes sur bien des continents et qui a même inventé le mot « enfants-soldats ».

Alors, la journée mondiale de l’enfance ou la journée mondiale contre le travail des enfants ne changeront rien. Le capitalisme est un système inique, responsable des drames quotidiens que subissent des centaines de millions d’enfants, et qui doit être jeté à bas.

Cédric DUVAL