Heineken – Schiltigheim : menace de fermeture

23 Novembre 2022

Lundi 14 novembre, l’annonce de la fermeture d’ici trois ans de la brasserie Heineken de Schiltigheim, près de Strasbourg, a été ressentie comme un sale coup par les 220 travailleurs en CDI, tout comme par les salariés des sous-traitants, qui emploient sur le site presque autant de travailleurs intérimaires.

En 2021, Heineken, une des plus grosses brasseries en Europe, a fait 3,2 milliards de bénéfices. C’est dire si l’exploitation des salariés y est féroce. C’est le cas par exemple pour des dizaines de travailleurs intérimaires qui roulent des fûts de bière et se cassent le dos à longueur de journée, et qui n’ont droit qu’à un local pourri pour s’abriter pendant leurs pauses ou prendre leurs repas.

La direction de l’entreprise, qui laisse l’usine se dégrader depuis des années, prétexte que le site ne lui permet pas de s’agrandir, qu’elle préfère donc le fermer pour transférer la production dans ses usines de Marseille ou de Mons-en-Barœul, dans le Nord. Tout cela était bien connu des cadres responsables qui ont tous démissionné ces trois dernières années. La municipalité de ­Schiltigheim se dit sous le choc.

Mardi 15 novembre, une quarantaine de travailleurs se sont mis en grève pour 24 heures en guise de réponse immédiate. Des négociations sont prévues dans quelques semaines. Ils restent mobilisés, autant la trentaine de ceux qui sont proches de la retraite, que les plus jeunes, qui accepteront ou non d’être mutés à Mons-en-Barœul. En attendant un salutaire coup de colère ?

Correspondant LO