COP 27 : un pas de plus… vers la COP 28

23 Novembre 2022

« Nous avons réussi à traiter certains symptômes, mais le patient n’est pas encore guéri de sa fièvre ». La docteure Ursula von der Leyen, à la fin de la COP 27 tenue à Charm-el-Cheikh, n’a donc pas choisi de partager la satisfaction affichée par les officiels égyptiens, qui ont déclaré : « Ça n’a pas été facile, mais nous avons finalement rempli notre mission ».

Si la mission consistait à réunir au bord de la mer Rouge plusieurs dizaines de milliers de participants à la 27e conférence censée lutter contre le dérèglement climatique, ainsi que 630 lobbyistes déterminés à œuvrer en faveur des énergies fossiles, et à publier finalement une liste interminable de résolutions, la mission est en effet accomplie. Nulle référence à la limitation de l’usage du pétrole, du gaz, du charbon, du lignite n’est notée dans la déclaration finale.

Du point de vue de l’accord sur les pertes et dommages déjà subis par les pays les plus vulnérables du fait du réchauffement, les promesses et les engagements chiffrés venant des pays riches n’ont pas manqué. Mais même les cent milliards de dollars par an déjà promis après la conférence de 2020 sont toujours à l’état de promesse. Une dizaine de pays se sont engagés à verser 300 millions de dollars, alors qu’il en faudrait 580 milliards, selon un représentant du Honduras. Il est à noter d’ailleurs qu’il ne s’agit que de prêts, engageant donc les pays pauvres destinataires dans une spirale de dettes.

Pour tenter de parer au plus urgent, un plan prévoyant un système d’alerte précoce destiné à prévenir chaque habitant de la planète a été budgétisé pour 3,1 milliards de dollars. Peut-être le coût du recrutement et de la formation des milliers de pigeons voyageurs capables d’informer les agriculteurs du Nigeria ou les pêcheurs du fleuve Amazone est-il même inclus.

Et si la protection des forêts figure bien au cœur de la liste, la limitation du réchauffement à 1,5 degré d’ici la fin du siècle est tout juste un objectif « en réanimation », selon le secrétaire des Nations unies lui-même.

Après la nullité de cette 27e édition de la COP, il est encore prévu courant 2023 un « sommet sur l’ambition climatique », avant une COP 28 qui devrait se tenir à Dubaï. Et c’est sans compter un « sommet à Paris » annoncé le 20 novembre par Macron, toujours pour bavarder sur le réchauffement climatique, faute de faire quoi que ce soit pour le combattre. Pendant ce temps, la planète pourra continuer à brûler tranquillement…

Viviane LAFONT