GAFAM : nouvelle économie, vieilles méthodes

16 Novembre 2022

Après Snapchat qui a supprimé 1 200 emplois, 20 % de ses effectifs, fin août, Musk vient de licencier la moitié des 7 500 salariés de Twitter puis 4 400 des 5 500 contractuels.

Facebook a annoncé fin octobre le renvoi de 11 000 personnes sur 87 000, et Amazon vient de faire connaître son intention de licencier 10 000 employés.

Amazon comptait fin septembre 1,54 million d’employés dans le monde, sans compter les travailleurs saisonniers recrutés pour les fêtes par exemple. C’est dire si, pour Amazon, dont le chiffre d’affaires pour 2021 s’élève à 470 milliards de dollars et les bénéfices à 33 milliards, 10 000 emplois, c’est un détail.

Mais depuis le début de l’été la valorisation boursière du commerçant en ligne a fondu de moitié, parce que les bénéfices progressent, mais moins vite que par le passé. Chez Meta (Facebook, Whatsapp, Instagram…), c’est la même histoire. Le chiffre d’affaires trimestriel a un peu reculé en septembre, et le résultat net de plus de 4 milliards pour trois mois est inférieur aux périodes précédentes. La valorisation boursière a été divisée par trois en un an, suivant la tendance du marché du numérique, en repli après l’euphorie de la période Covid.

Les actions de ces entreprises sont l’objet d’une spéculation incessante, alimentée par l’argent des petits épargnants attirés par la hausse des cours et qui se concentre in fine entre les mains de ceux qui sont en haut de la pyramide. D’ailleurs, depuis l’annonce des emplois supprimés par Amazon, l’action a gagné plus de 15 %, un rebond qui a enrichi plus d’un spéculateur, mais que 10 000 familles paieront par le chômage.

En procédant à des suppressions d’emplois massives, ces entreprises veulent rassurer les spéculateurs : des profits, elles en font, et elles feront tout ce qu’il faut pour continuer à en faire, en sacrifiant le nombre de travailleurs qu’il faut.

Serge BENHAM