Compin – Évreux : seule la grève paye !

16 Novembre 2022

Déjà paralysée par une grève fin octobre, la production de l’usine Compin d’Evreux, dans l’Eure, est de nouveau quasi stoppée depuis mercredi 9 novembre.

Une vingtaine de travailleurs ont reconstitué le piquet devant l’usine et ont obligé la direction à faire des concessions, au moins verbales, sur son plan de licenciements.

Il n’a pas été facile de se remettre en grève, car la direction a martelé que le protocole de fin de conflit signé fin octobre interdisait tout nouvel arrêt de travail. Elle mène une campagne contre la CGT et les grévistes, les accusant de faire traîner le calendrier du plan social. Elle a retiré aux travailleurs la possibilité d’arriver au travail à 5 heures, une commodité permettant de quitter l’usine plus tôt, mettant cette mesquinerie au compte des grévistes. Elle a convoqué un travailleur en grève pour lui dire que son poste n’était pas menacé…

Dans ce climat, une vingtaine de travailleurs, sur 113 que compte cette usine de fabrications de sièges de transporteurs publics, ont la ténacité suffisante pour tenir tête et pour décider ensemble de continuer la lutte. La direction a reçu une délégation d’élus CGT en grève lundi 14 novembre pour annoncer, entre autres, qu’elle n’écartait pas de porter la prime supra-légale à 8 000 euros. « Avant, le patron ne voulait rien donner, maintenant, il ne donne pas grand-chose, mais c’est quand même mieux », a commenté une gréviste à l’assemblée générale au retour de la délégation. Beaucoup de travailleurs ont pris la parole, pesant le pour et le contre d’accepter la proposition de la direction.

Le nombre de licenciements envisagés avait été ramené de 55 à 51 lors de la grève fin octobre. Cela avait été enregistré comme un petit recul de la direction. Imposer que chaque licenciement lui coûte plus cher serait aussi vécu par les grévistes comme un gain à mettre au compte de la grève. Ils ont décidé de reconduire leur mouvement au mardi 15 novembre, de se retrouver au piquet de grève et d’organiser une assemblée générale pour s’adresser plus largement aux travailleurs, notamment à ceux qui avaient été en grève fin octobre. Pour les grévistes de Compin, l’objectif reste « Tous ensemble, tous ensemble ! », comme l’a scandé une gréviste. Ensemble dans la lutte, c’est la seule voie pour faire payer à Compin, et au fonds d’investissement Equistone, leur volonté de jeter au chômage 51 travailleurs.

Correspondant LO