Le soldat inconnu : parmi des millions

09 Novembre 2022

Pendant ce qu’il est convenu d’appeler la Grande Guerre, des centaines de milliers de soldats, tombés sous la mitraille ou pulvérisés par des obus, furent enterrés de façon anonyme dans des fosses communes ou ensevelis sous terre sans laisser de traces permettant d’identifier sous quel drapeau ils avaient combattu.

Pour tenter d’apaiser la colère des familles qui avaient souvent perdu plusieurs enfants sans avoir de tombe sur laquelle se recueillir, le gouvernement français, prenant modèle sur son homologue britannique, décida en 1920 qu’un soldat inconnu serait enterré sous l’Arc de triomphe, symbolisant toutes les victimes de cette guerre. Un jeune soldat fut désigné pour choisir parmi huit tombes.

Parallèlement, des monuments aux morts furent érigés dans les communes. Si beaucoup sont surmontés d’une statue de soldat armé et portent l’inscription « Morts pour la France », il en existe, comme à Gentioux-­Pigerolles, dans la Creuse, sur lesquels on peut lire « Maudite soit la guerre ». Dans une commune voisine, à Royère-de-Vassivière, une plaque rend hommage sur sa tombe à un soldat exécuté pour l’exemple en 1915 pour s’être rebellé contre un ordre.

M. L.