Hitachi – Angers : débrayages pour les salaires et l’embauche des intérimaires

09 Novembre 2022

Entreprise de fabrication de freins pour l’automobile, Hitachi a changé de nom à de multiples reprises (DBA, Bosch…).

A Angers, il emploie environ 350 travailleurs, dont plus d’une centaine d’intérimaires en permanence. La production est organisée en 2x8 avec en plus une équipe de nuit d’une trentaine de travailleurs.

Lors des négociations salariales (NAO), du début de l’année, la direction avait accordé 2,1 % d’augmentation générale et 0,4 % d’augmentation individuelle. Pour la majorité des travailleurs de l’entreprise, cela correspondait à environ 35 euros par mois. En fait, avec l’inflation qui galope, ils ont vu leur pouvoir d’achat diminuer de manière significative au cours de l’année.

Le 29 septembre, à l’initiative de la CGT, près de 80 travailleurs avaient débrayé et s’étaient réunis sur le parking de l’entreprise pour réclamer une augmentation des salaires. C’était le premier débrayage depuis longtemps sur l’usine. On a pu noter à cette occasion qu’une dizaine de travailleurs intérimaires avaient débrayé. Et le 21 octobre, toujours à l’appel de la CGT, ce sont plus d’une centaine de travailleurs sur les trois équipes qui ont à nouveau débrayé, dont une trentaine d’intérimaires.

Les travailleurs en grève ont alors décidé de débrayer une heure tous les jours pour revendiquer une augmentation de salaire de 100 euros net par mois, l’embauche en CDI de 80 intérimaires, et l’égalité de traitement entre les salariés en contrat indéterminé et les intérimaires les jours de chômage partiel. En effet, ces jours-là, les intérimaires étaient renvoyés chez eux sans être indemnisés.

Les débrayages se sont poursuivis pendant que la direction faisait la sourde oreille. Ce n’est que le 28 octobre qu’elle a accepté de rencontrer la CGT, sans rien céder sur les revendications. Quelques syndicalistes de la CFDT ont affiché sur leurs panneaux une note expliquant que la situation de l’entreprise était difficile et qu’il ne fallait pas revendiquer et encore moins faire grève. Cette prise de position propatronale n’a pas empêché pour autant des travailleurs proches de la CFDT de débrayer.

Le mouvement est maintenant interrompu et les travailleurs ont choisi d’attendre les nouvelles négociations annuelles obligatoires. Par ailleurs, la CGT a décidé d’attaquer en justice la direction pour imposer l’embauche d’un maximum d’intérimaires. En effet, comme dans beaucoup d’entreprises, Hitachi ne respecte pas la loi dans ce domaine.

Ce mouvement a permis à tous les travailleurs en grève de mesurer leurs forces. Il a aussi montré la nécessité de l’unité entre CDI et intérimaires. Depuis longtemps, un tel conflit n’avait pas eu lieu dans cette entreprise, et il est probable que ce ne sera qu’un début.

Correspondant LO