Contre la réforme des lycées professionnels : grève le 17 novembre !

09 Novembre 2022

Depuis plusieurs semaines les enseignants, les parents, tout comme les premiers concernés qui sont les jeunes scolarisés dans les lycées professionnels, s’organisent contre la réforme de cette filière.

Le 18 octobre déjà, les grévistes et les manifestants étaient nombreux. Une nouvelle journée de grève est prévue le 17 novembre.

Il y a en effet toutes les raisons de se mobiliser. Cette réforme prévoit l’augmentation de près de 50 % des périodes où les élèves seraient en stage, avec comme conséquence la diminution des heures d’enseignement. En ce qui concerne celles consacrées à l’enseignement général, seuls les mathématiques et le français seraient considérés comme des « savoirs fondamentaux ». Quid des langues vivantes, de l’économie-droit, des arts appliqués, ou encore de l’histoire-géographie ?

L’objectif de l’enseignement professionnel dans cette société capitaliste n’a jamais été autre chose que de former une main-d’œuvre correspondant aux besoins du moment du « marché du travail », c’est-à-dire des patrons. Mais jusque-là, il permettait malgré tout aux jeunes des classes populaires, majoritairement scolarisés dans ces lycées professionnels, d’avoir accès à une certaine culture et à une certaine ouverture sur le monde.

« On laisse vivre trop de filières où il n’y a quasiment pas de débouchés » explique Macron, une justification aussi hypocrite que cynique dans cette période d’aggravation de la crise où personne ne peut dire s’il y aura même de quelconques « débouchés » autres qu’à Pôle emploi. Cet argument avancé pour supprimer des filières n’est pas nouveau. Ainsi celles de comptabilité et secrétariat ont disparu au profit d’une filière gestion-administration, aujourd’hui fermée, quelques années seulement après sa création. Et tel est bien l’objectif du gouvernement : fermer des filières, diminuer le nombre d’heures d’enseignement et confier aux patrons la formation en développant l’apprentissage.

Cette politique s’inscrit dans la continuité d’une politique d’économies sur le budget de l’Éducation nationale poursuivie depuis des années. Pour les jeunes des classes populaires, l’enseignement s’est toujours fait a minima. Mais c’est encore plus le cas aujourd’hui où le gouvernement cherche tous les moyens pour tailler dans le budget de l’Éducation nationale, comme dans celui d’autres services publics, pour continuer à augmenter le budget militaire ou payer les aides au patronat. Autant de bonnes raisons de se battre contre cette réforme et de réussir la journée du 17 novembre.

Aline RETESSE