Banques alimentaires : au bord de l’asphyxie

09 Novembre 2022

Jeudi 3 novembre, Élisabeth Borne, en visite à Reims dans une banque alimentaire, a annoncé une enveloppe de 60 millions d’euros pour aider celles qui doivent faire face à un afflux de demandeurs.

Quand Borne parle de 2 millions de personnes obligées d’y recourir faute de pouvoir se nourrir, ­l’Insee donne, lui, le chiffre de 4 millions à l’été 2022. L’explosion de l’inflation a entraîné une augmentation du nombre de demandeurs de plus de 12 % par rapport à 2021. La moitié d’entre eux ont entre 25 et 49 ans et 44 % sont immigrés. 40 % des bénéficiaires viennent une fois ou deux par semaine pour des colis quand 40 % des autres viennent tous les jours pour obtenir un repas. Les étudiants sont de plus en plus nombreux à recourir à ces aides alimentaires, en particulier depuis le Covid.

Aux conséquences de la flambée inflationniste sur les prix des ­aliments s’ajoutent maintenant celles de l’explosion des prix de l’énergie. La présidente de la banque alimentaire du Finistère annonce que, devant des dépenses d’énergie devenues « écrasantes », elle va devoir couper les chambres froides, ce qui signifie ne plus pouvoir fournir de surgelés et certains produits frais. Les coûts sont aussi devenus énormes pour tout ce qui concerne la logistique, notamment les camions frigorifiques.

Faute de mesures d’urgence, les banques alimentaires pourraient ne plus être en mesure d’aider des millions de gens qui ne peuvent pas manger à leur faim Et quand Borne annonce 60 millions d’aides, le Secours populaire français dit qu’il faudrait au moins 200 millions pour permettre aux banques alimentaires de passer l’hiver. Cherchez l’erreur.

Cédric DUVAL