Twitter : dans les griffes d’un rapace de la finance

02 Novembre 2022

Le 27 octobre, le milliardaire Elon Musk, déjà propriétaire de l’entreprise automobile Tesla et de la société de lancement du vaisseau spatial SpaceX, a racheté le réseau social Twitter pour 44 milliards de dollars. « Pour essayer d’aider l’humanité, que j’aime », a-t-il déclaré.

Cet amour de l’humanité a immédiatement conduit Musk à dissoudre le conseil d’administration de Twitter, devenant ainsi l’unique dirigeant. Selon une partie de la presse américaine, il projetterait de licencier, à terme, jusqu’à 75 % de ses 7 500 employés. Il a prétendu défendre ainsi la liberté d’expression. Il s’agit en fait de ceux et celles dont le compte Twitter a été supprimé ou suspendu en raison de leurs tweets racistes, homophobes, misogynes ou complotistes, et dont le compte serait rétabli. Les plus connus d’entre eux sont Donald Trump, évincé de Twitter en janvier 2021 après l’assaut du Capitole, ou le rappeur Kanye West dont le compte, suspendu après ses propos antisémites, a été réactivé dès le lendemain du rachat par Elon Musk.

Celui-ci n’est ni le premier ni le dernier capitaliste à se payer un média pour influencer l’opinion publique. Aux États-Unis, Jeff Bezos, à la tête d’une fortune estimée à 210 milliards de dollars, possède de nombreux médias, dont le Washington Post. En France, Bouygues possède TF1 depuis 1987 ; Bernard Arnault et son groupe de luxe LVMH possèdent les journaux Les Échos et Le Parisien ; et Vincent Bolloré, propriétaire du groupe Canal +, ne se gêne pas pour diffuser ses opinions réactionnaires à longueur de journée sur ses chaînes Direct 8 ou CNews.

Les capitalistes imposent en permanence leur dictature économique et leur loi du profit à toute la société. En bonne logique, ils rêvent d’imposer aussi leur idéologie et leur mentalité d’exploiteurs.

Julie LEMÉE