Pédiatrie : la crise s’approfondit

02 Novembre 2022

Plus de trente très jeunes enfants nécessitant d’être hospitalisés en réanimation pédiatrique ont dû être transférés hors d’Île-de-France, parfois à plusieurs centaines de kilomètres, pour cause de fermeture de lits.

L’épidémie de bronchiolite hivernale ne fait que débuter et déjà, dans d’autres régions, les services de pédiatrie sont sur le point d’être débordés.

Des milliers de professionnels de la pédiatrie hospitalière avaient pris les devants de cette crise en signant une tribune adressée à Macron fin octobre. Le 2 novembre, une délégation a porté ce texte directement à ­l’Élysée et expliquait « qu’il y a des services en France où une infirmière s’occupe de seize enfants malades la nuit. C’est inadmissible. On ne peut pas soigner correctement les enfants. » De là à espérer du président une solution…

Les hospitaliers savent parfaitement que les conditions de travail de plus en plus dures n’attirent pas assez dans la profession, surtout lorsque les salaires sont insuffisants pour compenser les horaires contraignants et la surcharge de travail. C’est une des raisons de la fermeture de lits.

Les services pédiatriques ont accueilli fraîchement les 150 millions d’euros promis en urgence par le ministre de la Santé : « On a l’impression d’être sur le Titanic, et que le gouvernement est en train d’écoper avec une cuillère en plastique. » L’appel ministériel aux parents d’enfants atteints de bronchiolite, leur disant de ne pas venir à l’hôpital et de s’adresser aux pédiatres de ville, quand il en reste, a été pris comme un dégagement en touche. De même que l’annonce de l’organisation au printemps d’assises de la pédiatrie, pour répéter dans six mois ce que chacun sait déjà sur la crise actuelle.

Tant que les gouvernements feront des économies sur les budgets des hôpitaux, la santé publique ira de crise en crise. Jusqu’à ce que le million de travailleurs hospitaliers du pays disent que vraiment, ça suffit.

L. D.