Gestion du Covid : petits mensonges entre amis

02 Novembre 2022

Édouard Philippe a été auditionné le 18 octobre par la juridiction spéciale saisie de plaintes sur la gestion de l’épidémie de Covid.

L’ancien Premier ministre est ressorti avec le statut de témoin assisté de son audition par la Cour de justice de la République, destinée à juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Il peut être soulagé de n’avoir pas été mis en examen comme l’est l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn pour mise en danger de la vie d’autrui.

Dans son « journal de la pandémie », qu’elle a tenu de 2019 à 2021, et qui est une pièce du dossier judiciaire, Buzyn se défend en prétendant qu’elle a « apporté toutes les preuves qu’on a anticipé et géré au mieux ». On peut en douter puisqu’elle-même affirme avoir alerté l’exécutif de la gravité de la pandémie dès le 11 janvier 2020, alors qu’en public elle déclarait quinze jours plus tard que « le risque d’importation [du virus] depuis Wuhan est pratiquement nul » et que « le risque de propagation est très faible ».

Peu après elle acceptait de quitter le ministère de la Santé, alors que la pandémie se répandait, pour devenir candidate du parti macroniste à la mairie de Paris. Elle déclarait alors son enthousiasme pour cette campagne, où sa liste fit pâle figure, que peu après elle qualifia de mascarade.

Il apparaît qu’Agnès ­Buzyn, médecin de carrière, n’était pas rompue au métier de politicienne. Il semble qu’elle n’ait pas eu le mensonge chevillé au corps autant que tout bon ministre qui se garde bien de dire ce qu’il pense aux médias, même après coup.

C’est ainsi que jusqu’à présent elle est la seule à être mise en examen. Sibeth Ndaye, qui déclarait alors au nom du gouvernement qu’il était inutile de porter des masques, pour couvrir la pénurie de matériel de base organisée par l’État depuis des années par soucis d’économies, n’est pas inquiétée. Il en est de même pour l’instant d’Olivier Véran, qui a pris la suite de Buzyn à la Santé pour mentir lui aussi sur l’utilité des masques, forcer les soignants à venir travailler en étant infectés par le ­Covid, puis licencier ceux qui n’étaient pas vaccinés, avant d’être récompensé par le poste de porte-­parole du gouvernement. Macron, qui a chapeauté l’action du gouvernement aboutissant à 150 000 décès, continue à nier toute incurie.

Quant au patronat, qui fit travailler bien des salariés essentiels sans le minimum de protection, et qui est le ­principal bénéficiaire, avec son appétit ­insatiable de cadeaux fiscaux, des économies criminelles dans la santé, qui parle de lui demander des comptes ?

Lucien DÉTROIT