Gauche : une marche pour quels espoirs ?

19 Octobre 2022

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé à la « marche contre la vie chère et l’inaction climatique » appelée le dimanche 16 octobre à Paris par les organisations de la Nupes.

Pour beaucoup de manifestants, c’était une occasion de protester contre la politique de Macron, de se prononcer pour l’augmentation des salaires et des retraites face à la hausse des prix et de s’indigner de la catastrophe environnementale décrite par les scientifiques sans qu’il y soit porté remède.

Mais La France insoumi­se, le PS, le PCF et les Verts qui organisaient la marche ont de tout autres ambitions. Pour eux, il s’agissait d’une opération politique destinée à redorer leur blason terni au fil des trahisons accumulées durant leurs passages au pouvoir, sous Hollande pour ne citer que l’épisode le plus récent. Mélenchon a comme objectif de donner naissance à un « nouveau Front populaire », prêt à gouverner. Il entretient une confusion, mélangeant les grèves de 1936 et, à l’opposé, la politique du gouvernement de Front populaire. Dans cette période, il y eut d’un côté une profonde mobilisation ouvrière, marquée par des occupations d’usines et une contestation de la propriété capitaliste, et de l’autre la politique du gouvernement de Front ­populaire dirigé par le Parti socialiste, soutenu par le Parti communiste, qui réussit à arrêter ces grèves et à sauver l’ordre bourgeois, ce qui allait conduire à la ­Deuxième Guerre mondiale.

Mélenchon se prépare à jouer le même rôle de roue de secours de la bourgeoisie et de son pouvoir dans une période de crise. Pour changer la société, renverser le système capitaliste de plus en plus à bout de souffle, les travailleurs ne doivent rien attendre d’un tel personnage et de sa politique.

Jean SANDAY