Union européenne : les déserteurs russes ne sont pas bienvenus

28 Septembre 2022

À la suite de la mobilisation des réservistes russes par Poutine, des ministres de différents pays de l’Union européenne (UE) se sont exprimés en ordre dispersé et de façon discordante sur l’accueil de ceux qui fuiraient l’enrôlement dans l’armée du Kremlin.

Face à cela, le président du Conseil européen a annoncé une réunion à Bruxelles dans le but d’accorder les violons des pays membres de l’UE. Vaste tâche…

Le ministre letton des Affaires étrangères, par exemple, a prétendu : « Beaucoup de Russes (…) en train de fuir la Russie (…) étaient d’accord avec le fait de tuer des Ukrainiens (…), il ne faut pas les considérer comme des objecteurs de conscience. » Et d’ajouter : « Il y a des risques considérables pour la sécurité à les accueillir et ils ont des tas de pays où aller en dehors de l’UE. »

La Lettonie fait partie des pays frontaliers de la Russie. Début septembre, elle avait, comme la Pologne et les autres pays Baltes, fermé sa frontière aux touristes russes. Quelques jours plus tôt, les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE s’étaient accordés pour suspendre l’accord de 2007 qui facilite l’octroi de visas aux citoyens russes. Quant aux pays frontaliers de la Russie, autorisation leur était accordée de « prendre des mesures au niveau national pour restreindre l’entrée dans l’UE », au titre des sanctions prises contre la Russie depuis le début de la guerre.

Du côté de l’Allemagne, la position semble plus conciliante vis-à-vis des Russes fuyant la guerre. La ministre allemande de l’Intérieur a déclaré que les réservistes voulant échapper à l’armée russe pourraient demander l’asile politique. Mais, en toute hypocrisie, elle a tenu à rappeler qu’obtenir ce droit n’avait rien d’automatique. Les demandes individuelles feront l’objet de contrôles et aucune mesure particulière ne sera mise en place pour accueillir ces demandeurs d’asile.

Dans un style différent, brutal ou hypocrite, les dirigeants des pays de l’UE campent sur un même rejet des migrants, quel que soit leur pays d’origine. Et quand bien même ils affichent une bruyante sympathie pour ceux qui refusent les décisions de Poutine, leur politique aboutit à ranger la population russe derrière le maître du Kremlin et à les rendre collectivement responsable de cette guerre.

Joséphine Sina