PSA – Stellantis : après l’annonce d’une prime insuffisante, les débrayages continuent

28 Septembre 2022

Mardi 27 septembre, la nouvelle que Stellantis ne donnerait qu’une prime de 1 000 euros a circulé très vite dans les usines. Les réactions étaient partout les mêmes : « ça ne fait pas le compte ! »

Une semaine auparavant, la grève de 500 ouvriers durant plus de trois jours à l’usine d’Hordain dans le Nord pour les salaires avait relancé les discussions sur le sujet dans toutes les usines du groupe. La direction centrale avait alors convoqué une réunion de discussion avec les syndicats mardi 27 septembre. Si le sujet était le pouvoir d’achat, elle voulait uniquement discuter de l’attribution d’une prime en écartant soigneusement la question des salaires.

Lundi 26 septembre, veille de cette réunion, près de 700 ouvriers au total dans le groupe s’étaient décidés à débrayer avec la CGT et parfois même avec FO ou la CFDT pour mettre la pression sur la direction. Ils étaient 260 grévistes à la fonderie de Charleville, 80 à 100 à l’usine de Caen, 150 à Trémery, près de Metz, une centaine à la fonderie de Sept-Fons et 50 à Hordain.

Lors de la réunion, la direction n’a cédé que cette prime de 1 000 euros, versée fin octobre pour tous les embauchés et pour les intérimaires, mais au prorata de leur présence entre le 1er octobre 2021 et le 30 septembre 2022. L’écrasante majorité des intérimaires ne toucheront même pas les 1 000 euros, une véritable injustice. La direction, consciente que sa proposition allait susciter du mécontentement, a jugé prudent de ne pas la soumettre à un accord avec les syndicats et de bien se garder de l’annoncer par les chefs d’équipe en début de poste quand les ouvriers sont rassemblés.

Effectivement, à l’annonce de la prime par les syndicats et les médias, les réactions dans toutes les usines du groupe étaient essentiellement de déception et d’écœurement : « comment un groupe aussi riche que Stellantis ne donne que 1 000 euros ? », « les primes ça ne suffit plus, ce qu’il nous faut c’est du salaire. »

Des débrayages ont alors eu lieu spontanément ou à l’appel de la CGT, suivie parfois de FO dans au moins sept usines, sans être toutes les mêmes que celles de la veille. Ils ont de nouveau réuni au total près de 700 grévistes, 230 à Rennes, 180 à Valenciennes, une centaine à Mulhouse, près de 80 à Hordain ainsi qu’à Douvrin, et dans une moindre mesure à Metz-Borny et à Poissy, avec une vingtaine de grévistes dans les deux cas.

Le point très positif est que des centaines d’ouvriers de plusieurs usines du groupe reprennent le chemin des débrayages, le goût des discussions collectives et de tout ce que cela implique. L’information, les vidéos, le nombre de grévistes par usine circulent très vite avec les réseaux sociaux, ce qui permet à ceux qui s’en préoccupent de se faire une idée de la situation générale dans le groupe et de s’assurer qu’ils ne sont pas tout seuls.

Mercredi 28 septembre, le syndicat FO du groupe, qui milite en général contre les grèves, s’est senti obligé d’appeler dans toutes les usines à une heure de débrayage par équipe. La CGT s’y est jointe et dans certains cas la CFDT. Ce jour-là, des débrayages se sont encore développés dans toutes les usines et le nombre de grévistes a plus que doublé.

Toutes ces occasions sont des étapes pour que les travailleurs prennent conscience de leur force collective et confiance dans leurs capacités, pour un bras de fer contre la direction qui consistera à s’engager dans une grève la plus massive possible, à l’échelle du groupe, sans attendre les négociations salariales prévues en février 2023 et avancées à décembre prochain.

Correspondant LO