Péages : le racket autoroutier

28 Septembre 2022

Les opérateurs d’autoroutes, les groupes Eiffage, Vinci et Abertis, ont annoncé qu’en février ils allaient augmenter les tarifs des péages d’au moins de 8 %.

Pour ces sociétés, l’inflation touchant les matériaux d’entretien des routes explique cette hausse qu’elles prétendent répercuter, « contraintes et forcées », sur les usagers. De qui se moquent-elles ?

La grande majorité des autoroutes ont été construites par l’État, avec l’argent des contribuables. Elles sont amorties de longue date et leur utilisation devrait être gratuite. C’est la gauche, sous Jospin, qui a commencé à privatiser celles du sud de la France. Puis Villepin, en 2006, a terminé le travail en offrant un pont d’or à des promoteurs. Depuis, la part consacrée à l’entretien du réseau est minime par rapport à leurs profits et ne justifie en rien cette augmentation faramineuse.

Depuis des années, les sociétés d’autoroute dégagent près de 70 % de marge brute. Elles consacrent très peu d’argent à l’entretien du réseau mais palpent un maximum d’argent aux dépens des usagers. Le gouvernement, représenté par Élisabeth Borne, a feint de s’alarmer, prétendant limiter la hausse à 5 %, mais les sociétés autoroutières demandent en échange que la durée des concessions soit allongée.

Ces sociétés n’ont qu’une peur : que l’État les empêche de continuer de traire la vache à lait ! Pourtant, celui-ci est tout prêt à se coucher devant elles, à accepter l’augmentation des péages et même à le faire pour des siècles. Il ne reste qu’à faire comme en 1789, mettre fin aux péages en s’en prenant aux aristocrates et aux spéculateurs !

Aline URBAIN