CHU de Nantes : soignants sacrifiés, patients maltraités

28 Septembre 2022

Les conditions de vie et de travail des salariés du CHU de Nantes se dégradent depuis des années. Les syndicats du personnel, et en particulier la CGT qui a fait un courrier de signalement au procureur, alertent sur la situation.

Les arrêts de travail ont été multipliés par deux en dix ans, pour atteindre plus d’un mois de travail par agent, hors médecins. Face à la surcharge de travail, les soignants craquent : les départs ont augmenté en un an de 40 % et les démissions de 30 % mais l’établissement, au lieu d’embaucher en CDI et de former le personnel, a fait le choix de multiplier les recours aux heures supplémentaires (en hausse de 36 %) et à l’emploi précaire qui a bondi de 61 % en 2021.

Cette situation est lourde de conséquences pour les patients, avec une attente de 9 heures 30 l’hiver dernier aux Urgences en traumatologie et de 11 heures en médecine, soit deux heures de plus qu’en 2019. Sans parler de la situation ressentie comme pire cet été, avec, notamment, la fermeture des Urgences à Ancenis et des délais quotidiennement de plus de deux heures pour avoir un médecin généraliste en ligne, après avoir appelé le 15.

À tout cela s’ajoutent les déprogrammations d’interventions : ainsi, le délai pour bénéficier d’une chirurgie cardiaque pédiatrique est passé de trois à six, voire huit mois d’attente. Par ailleurs, faute de lits, le nombre d’adolescents hospitalisés en unité de psychiatrie adulte a explosé : ils étaient 108 au premier semestre.

Dénonçant les conséquences de la crise hospitalière, les travailleurs s’organisent pour se faire entendre. L’argent doit aller à la santé, pas aux financiers !

Correspondant LO