Budget 2023 : protecteur… pour le patronat

28 Septembre 2022

Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a affirmé que son gouvernement abandonnait la politique du « quoi qu’il en coûte ». Mais les milliards vont continuer à affluer dans les coffres des grandes entreprises sous forme de subventions et cadeaux divers.

« Ce n’est pas un budget de rigueur, ce n’est pas un budget de facilité, c’est un budget responsable et protecteur dans des temps de grandes incertitudes », a déclaré ­Le Maire, le 26 septembre. Le Medef a aussitôt critiqué son « manque d’ambition en matière de baisse des dépenses publiques », ajoutant que « la France continue de vivre au-dessus de ses moyens ». Comme à l’accoutumée, les représentants du grand patronat pleurent la bouche pleine pendant que le gouvernement joue la comédie d’une prétendue défense des plus démunis.

Du côté des dépenses, si 11 000 postes de fonctionnaires doivent être créés, le nombre d’enseignants, lui, doit diminuer de 1 985 postes, alors que leur manque est partout dénoncé. Le budget prévoit en revanche 3 100 postes supplémentaires en 2023 pour le ministère de l’Intérieur qui enregistre ainsi la plus forte hausse de ses effectifs.

L’autre ministère gagnant est celui de la Défense. Son budget s’élèverait à 43,9 milliards, soit une augmentation de 3 milliards en 2023. « Un effort financier majeur pour permettre aux armées de s’adapter à un contexte international stratégique dégradé et incertain », a précisé le ministère. L’armée française devrait ainsi recevoir cette année, entre autres, treize nouveaux Rafale, son second sous-marin nucléaire et dix-huit chars Leclerc rénovés. Ces achats, et d’autres, promettent donc de bien protéger les profits des industriels de la guerre, tels que Dassault, Thales ou le groupe MBDA, le deuxiè­me producteur mondial de missiles.

Le bouclier tarifaire contre les prix de l’énergie, qui représenterait une dépense de 45 milliards d’euros, continuera de bénéficier essentiellement aux grandes entreprises. La dette de l’État, dont l’augmentation justifie depuis des décennies les sacrifices imposés aux classes populaires, rapportera encore gros aux organismes financiers à qui l’État doit emprunter. La charge financière s’élèverait en effet à 51,7 milliards, le montant le plus élevé des cinq dernières années. Un peu moins que le budget de l’année 2022 de l’Éducation nationale, 56,5 milliards d’euros.

Côté recettes, la TVA, l’impôt le plus injuste car il pèse « à égalité » sur le smicard et sur le milliardaire, reste celui qui rapporte le plus. Les prétendues baisses d’impôts mises en avant par le gouvernement bénéficieront, en 2023 comme en 2022, aux grandes entreprises : allègement en 2023 de 4 milliards de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), cet impôt dit de production qui doit même disparaître en 2024, baisse de l’impôt sur les sociétés de 3,7 milliards d’euros, pour ne donner que quelques exemples.

Ce budget ne servira que le grand patronat qui n’en attend pas moins de cet État entièrement dévoués à ses intérêts.

Aline RETESSE