Brésil : le match Lula–Bolsonaro

28 Septembre 2022
Dimanche 2 octobre, les Brésiliens vont élire leurs députés régionaux et nationaux, leurs sénateurs, le gouverneur de chaque État et le président. L’élection présidentielle focalise toute l´attention, opposant essentiellement Lula, l´ancien président de 2003 à 2010, et Jair Bolsonaro, le président sortant d´extrême droite.

Bolsonaro met en avant son « Aide Brésil », qu´il a portée à 600 reais (120 euros, la moitié du salaire minimum) dans le but de se concilier les couches les plus pauvres de la population. Il se vante aussi d´avoir sauvé les Brésiliens de la famine pendant l’épidémie de Covid en ne prenant aucune mesure de confinement, ce qui a surtout permis d´atteindre le chiffrre de 680 000 morts. Il se plaint aussi que la Cour suprême l’empêche de gouverner, et ne manque jamais de qualifier Lula de voleur et de repris de justice, menaçant plus ou moins ouvertement d’un coup d’État.

Alors que les partisans fanatisés de Bolsonaro semblent prêts à tout, Lula évite la polémique. Il a refusé de participer à un débat télévisé, se présente comme celui qui va pacifier le pays et ramener la prospérité, et bénéficie du ralliement de toute une partie de la droite, dont le candidat vice-président qui est un politicien conservateur, Geraldo Alckmin. Les sondages donnent à Lula 50 % des votes au premier tour et il insiste sur la nécessité de « voter utile » dès ce jour-là visant l’électorat de ses concurrents, eux aussi opposés à Bolsonaro. En effet, en cas de second tour, qui aurait lieu le 30 octobre, Bolsonaro aurait quatre semaines pour mobiliser ses troupes en criant à la fraude électorale.

La dernière semaine de campagne a mobilisé l’attention d’une partie plus grande de la population dont une majorité espère avoir avec Lula une vie meilleure. Au Brésil, près de cent millions de gens vivent dans l’insécurité alimentaire, 33 millions souffrent déjà de la faim. L’inflation atteint 15 à 20 % sur les produits alimentaires, le chômage touche officiellement 10 millions de salariés, mais deux ou trois fois plus vivent de jobs informels. Toute une partie de la jeunesse ne rêve que d´émigrer dans un pays riche, car elle ne voit plus d’avenir sur place. Il faudra bien plus que l’élection de ce dirigeant populaire, mais que l’on a déjà vu à l’œuvre, pour apporter une réponse à tous ces problèmes.

Vincent GELAS